Bénin : les six pôles de développement territorial passent à la phase concrète

Au Bénin, la réforme des pôles de développement territorial connaît une nouvelle avancée. Présenté mercredi 23 septembre 2026 au palais de la Marina, le document d’orientation et de cadrage fixe désormais les grandes lignes de cette nouvelle organisation territoriale. Pour le gouvernement, l’objectif est de mieux valoriser les potentialités locales, réduire les disparités entre les communes et créer davantage de richesses au plus près des populations.

Le ministre de la Décentralisation et de la Gouvernance locale, Janvier Yahouédéhou, a présenté les principaux contours du dispositif devant les maires, préfets, responsables administratifs et partenaires institutionnels.

La réforme repose sur six pôles de développement qui ne correspondent pas systématiquement aux frontières administratives actuelles. Le pôle Nord-Est regroupera l’Alibori et le Borgou. Le Nord-Ouest réunira la Donga et l’Atacora. Le Centre couvrira les Collines et le Zou.

Au sud, le Sud-Est regroupera l’Ouémé et le Plateau, tandis que le Sud-Ouest comprendra le Mono, le Couffo et une partie de l’Atlantique. Le Grand Nokoué couvrira le Littoral ainsi que certaines zones de l’Atlantique et de l’Ouémé.

Chaque pôle devra développer ses propres moteurs de croissance. Le gouvernement mise notamment sur une agriculture plus productive, le développement industriel, la valorisation du potentiel touristique et l’émergence de territoires dédiés à l’innovation.

L’ambition est aussi de doter chaque pôle d’infrastructures adaptées, d’un capital humain qualifié et d’un environnement favorable aux petites et moyennes entreprises et aux investisseurs.

Quel rôle pour les délégués généraux ?

L’une des principales nouveautés de la réforme concerne la création de délégués généraux de pôle. Selon Janvier Yahouédéhou, leur arrivée ne remet pas en cause les compétences des préfets et des maires.

Le préfet conservera ses fonctions de représentation de l’État, de coordination des services déconcentrés et de tutelle administrative des communes. Les maires continueront d’exercer leurs compétences dans le cadre de la décentralisation. Le délégué général aura, pour sa part, pour mission de coordonner les actions de développement et de suivre la mise en œuvre des projets territoriaux.

Leur installation est prévue à partir du quatrième trimestre 2026. Ils devront notamment identifier les secteurs porteurs de chaque territoire, définir les projets prioritaires et élaborer les premières feuilles de route.

Wadagni appelle à changer les pratiques

Au-delà de l’organisation institutionnelle, Romuald Wadagni a insisté sur la nécessité d’un changement dans les comportements des responsables locaux.

Le président de la République a demandé aux maires et aux préfets de ne plus laisser passer les pratiques susceptibles de freiner le développement des territoires. Il a notamment appelé à davantage de pédagogie et à l’exemplarité dans l’action publique.

Pour le chef de l’État, la réussite de la réforme ne dépendra donc pas uniquement des textes ou des financements. Elle reposera aussi sur la capacité des acteurs locaux à modifier leurs pratiques et à privilégier les résultats.

Création d’emplois, développement des filières économiques, attractivité des territoires et amélioration des conditions de vie devront servir de principaux indicateurs pour mesurer les performances des six pôles.

La phase de conception laisse ainsi place à la mise en œuvre. Le défi sera désormais de transformer cette nouvelle architecture territoriale en projets concrets et en résultats visibles pour les populations.

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