Le Bénin veut accélérer la modernisation de son agriculture. Des opérateurs privés spécialisés seront bientôt associés à la filière semencière nationale dans le cadre d’un partenariat public-privé (PPP). L’objectif est d’améliorer la production, le traitement et la distribution de semences certifiées adaptées aux besoins des producteurs.
L’annonce a été faite à l’issue d’une tournée nationale d’évaluation des infrastructures semencières menée du 14 au 18 juillet 2026 par le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, Adin Yeton Bloukounon Goubalan.
Au cours de cette mission, le ministre s’est rendu dans plusieurs structures stratégiques, notamment la Direction de la Production végétale à Porto-Novo ainsi que les centres de traitement de Dangbo, Koussin-Lèlè à Covè, Dassa, Glazoué, Ina et Alafiarou.
Le constat dressé par les autorités révèle plusieurs insuffisances. Certaines infrastructures seraient mal adaptées aux réalités locales, tandis que les équipements disponibles ne permettraient pas d’assurer efficacement les opérations de tri, de traitement et de conditionnement des semences.
Selon le ministère, des investissements réalisés par le passé n’ont pas permis d’atteindre les performances attendues. Toutefois, certains sites présentent des résultats encourageants, notamment la ferme semencière d’
Des acteurs privés pour renforcer la production
Face à ces défis, l’État entend ouvrir davantage la filière aux entreprises privées disposant d’une expertise dans la production de semences certifiées et hybrides.
Ces opérateurs auront notamment pour mission d’accompagner les coopératives semencières, de mettre en place des unités modernes de production et de développer des laboratoires de contrôle qualité ainsi que des programmes de recherche variétale.
Pour le gouvernement, ce partenariat doit permettre de créer une véritable industrie semencière capable de répondre aux exigences internationales
La réforme bénéficie également de l’appui technique de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), qui accompagne les autorités dans la transformation du système semencier national.
Une nouvelle étape dans la transformation agricole
Cette réforme s’inscrit dans la continuité des politiques agricoles engagées depuis plusieurs années. Le Bénin a notamment renforcé plusieurs filières prioritaires, développé les infrastructures agricoles et créé des structures spécialisées comme la Société béninoise pour l’Agriculture (SoBAA), dédiée à l’irrigation, ou encore la Société nationale de mécanisation agricole (SoNaMA).
Selon les données communiquées par les autorités, les superficies irriguées sont passées de 6 200 hectares à plus de 26 000 hectares en une décennie. La production rizicole a également doublé, tandis que celle du soja aurait triplé sur la même période.
Aucune date précise n’a encore été annoncée pour le lancement effectif de ce partenariat public-privé.
