Détroit d’Ormuz : l’Iran s’accroche à ses frais de transit

Le différend autour de l’avenir du détroit d’Ormuz continue d’alimenter les tensions entre Washington et Téhéran. Alors que le président américain Donald Trump a assuré qu’aucune taxe ne serait imposée aux navires qui empruntent cette voie maritime stratégique, plusieurs responsables et proches du pouvoir iranien affichent une position bien différente.

Dans un message publié sur sa plateforme Truth Social, Donald Trump a affirmé qu’aucun péage ne serait appliqué dans le détroit pendant les 60 jours prévus par le cessez-le-feu conclu entre les États-Unis et l’Iran. Le locataire de la Maison Blanche a même laissé entendre que seule une décision américaine pourrait, à terme, conduire à l’instauration d’une taxe de passage, en contrepartie du rôle sécuritaire joué par Washington dans la région.

Ces propos sont tenus à l’heure où les deux pays renouent le dialogue diplomatique. Le vice-président américain JD Vance s’est notamment rendu en Suisse pour participer aux négociations prévues dans le cadre du protocole d’accord conclu récemment entre Washington et Téhéran.

Mais du côté iranien, le discours est loin d’être identique. Seyed Mohammad Marandi, professeur à l’Université de Téhéran et figure régulièrement sollicitée pour défendre les positions de la République islamique dans les médias internationaux, a rapidement réagi. Citant directement le message de Donald Trump, il a affirmé qu’« il y aura des frais », estimant que la question était déjà tranchée.

Cette position rejoint celle exprimée par les autorités iraniennes. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, assure toutefois qu’il ne s’agira pas d’un péage au sens strict. Selon Téhéran, les montants envisagés correspondraient à des frais de service destinés à financer l’assistance à la navigation, les garanties d’assurance et certaines mesures de protection environnementale mises en œuvre en coopération avec Oman.

Cette nuance juridique est au cœur du débat. En vertu du droit international maritime, les États riverains peuvent facturer certains services rendus aux navires, mais ne peuvent pas imposer une taxe sur le simple passage dans un détroit international.

L’enjeu dépasse la question financière. Par le détroit d’Ormuz transite près d’un cinquième du commerce mondial d’hydrocarbures, ce qui en fait l’un des corridors maritimes les plus stratégiques de la planète.

La France a déjà exprimé ses réserves. Le président Emmanuel Macron a rappelé son attachement au respect du droit international et s’est opposé à toute mesure susceptible de restreindre la liberté de navigation dans la zone.

Au-delà des déclarations, le dossier du détroit d’Ormuz apparaît désormais comme l’un des premiers tests du fragile rapprochement engagé entre Washington et Téhéran. Une question hautement sensible où se mêlent intérêts économiques, sécurité énergétique et souveraineté régionale.

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