Gabon-France : un premier accord trouvé sur la transformation du manganèse

La visite d’État du président gabonais à Paris a donné lieu à la signature d’un protocole d’accord avec Eramet. Le texte porte sur le renforcement de la transformation locale du manganèse.

Le protocole d’accord signé entre Libreville et Eramet prévoit une augmentation des capacités de transformation du manganèse sur le sol gabonais. Selon le groupe minier français, cette feuille de route industrielle commune vise à transformer jusqu’à 700 000 tonnes de manganèse d’ici 2031.

Pour Christian Magni, directeur général de la Société d’exploitation du Transgabonais (Setrag), cet engagement constitue une avancée majeure pour le pays. Il doit permettre de renforcer la modernisation du réseau ferroviaire national, essentiel au transport du minerai entre les zones de production et les ports d’exportation.

En contrepartie, le Gabon devra garantir des conditions favorables à la réalisation des investissements, notamment en matière d’accès à l’énergie.

Trois options pour développer l’industrie locale

Plusieurs scénarios sont actuellement envisagés pour concrétiser cet accord. Le premier prévoit la construction d’une unité de production d’oxyde de manganèse à Libreville à l’horizon 2028.

Le deuxième scénario consisterait à moderniser le complexe métallurgique de Moanda, actuellement le seul site de transformation du manganèse en activité au Gabon et en Afrique centrale.

Le troisième, plus ambitieux, prévoit la construction d’une nouvelle usine de production d’alliages de manganèse à partir de 2031.

Ces projets répondent à l’objectif affiché par le président Oligui Nguema : mettre fin progressivement à l’exportation du manganèse brut et développer une industrie locale capable de créer davantage de valeur et d’emplois.

Le calendrier de 2029 au cœur des discussions

Depuis plusieurs mois, Libreville réclame que toute production de manganèse soit transformée localement avant exportation à partir de janvier 2029. Une ambition qui s’inscrit dans la volonté du pouvoir gabonais de renforcer la souveraineté économique du pays.

Si Paris soutient le principe d’une transformation locale accrue, les autorités françaises et Eramet souhaitent toutefois un calendrier plus flexible, compte tenu des investissements nécessaires dans les infrastructures industrielles et énergétiques.

Au-delà du manganèse, d’autres accords sont attendus durant la visite du président gabonais en France, notamment sur les infrastructures, la coopération économique et les relations de défense entre les deux pays.

Cette première entente marque néanmoins une évolution importante dans le partenariat franco-gabonais, avec une priorité désormais donnée à la transformation sur place des ressources naturelles du Gabon.

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