Gabon : le bilan économique de la visite de Brice Oligui Nguema en France divise

Le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a achevé, mercredi 22 juillet 2026, sa première visite d’État en France, ponctuée par des annonces économiques. Libreville insiste sur la signature de plusieurs accords stratégiques, mais certains observateurs jugent les résultats en deçà des espérances.

Arrivé à Paris le lundi 20 juillet, le chef de l’État gabonais a été reçu par son homologue français Emmanuel Macron. Après les séquences consacrées à la mémoire et aux relations historiques entre les deux pays, notamment autour de l’avenir du camp De Gaulle, les discussions se sont concentrées sur les secteurs économiques.

L’annonce majeure de cette visite concerne le financement de la troisième phase de modernisation de la voie ferrée du Transgabonais.

Un accord d’un montant de 312 millions d’euros a été signé entre Proparco, filiale de l’Agence française de développement dédiée au secteur privé, la Société financière internationale (SFI) et la Société d’exploitation du Transgabonais.

Ce financement doit permettre d’améliorer les capacités de transport du réseau ferroviaire, notamment pour l’acheminement des minerais, mais aussi pour le fret et le transport des voyageurs. Le Transgabonais joue un rôle stratégique dans l’économie gabonaise puisqu’il contribue à environ 20 % du PIB national.

Selon Proparco, cette modernisation doit renforcer la chaîne logistique et améliorer la compétitivité des activités minières.

Le dossier du manganèse reste au centre des discussions

Autre avancée annoncée, la signature d’un protocole d’accord avec le groupe minier français Eramet sur la transformation locale du manganèse.

L’objectif affiché est de développer davantage les capacités industrielles du Gabon afin que le pays ne se limite plus à l’exportation de matières premières. Toutefois, le calendrier prévu ne correspond pas totalement aux ambitions initiales de Libreville.

Alors que les autorités gabonaises espéraient une transformation locale effective dès 2029, Eramet vise désormais une échéance à l’horizon 2031.

Pour certains spécialistes, cet accord constitue néanmoins une avancée politique. Cédric Jiongo, spécialiste du Gabon, estime que la pression exercée par les autorités a permis de replacer la transformation du manganèse au cœur des négociations avec les industriels.

Des critiques sur un bilan jugé insuffisant

Malgré ces annonces, des voix critiques se sont élevées au Gabon. Certains responsables politiques considèrent que la visite n’a pas produit suffisamment de résultats concrets.

L’ancien sénateur de la Transition, Michel Ongoundou Loundah, estime notamment que l’accord avec Eramet reste fragile, car sa réalisation dépend de la capacité du Gabon à fournir une énergie suffisante et compétitive pour alimenter les futures infrastructures industrielles.

Au-delà des accords économiques, la composition de la délégation gabonaise et le coût supposé du déplacement ont également suscité des critiques dans certains milieux politiques.

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