Au Bénin, les acteurs de la commande publique sont désormais appelés à parler le même langage dans l’examen des offres. L’Autorité de régulation des marchés publics (Armp) et la Direction nationale du contrôle des marchés publics (Dnc) ont lancé, mercredi 15 septembre 2026 à Cotonou, une campagne nationale consacrée à deux nouvelles circulaires.
Les détails ne doivent plus prendre le pas sur l’essentiel. C’est le message porté par l’Autorité de régulation des marchés publics (Armp) lors du lancement, à Cotonou, d’une campagne nationale de vulgarisation de deux circulaires récemment adoptées. L’initiative vise à renforcer la compréhension des nouvelles règles et surtout à favoriser leur application de manière uniforme par les différents intervenants de la commande publique.
À l’ouverture de la rencontre, le Directeur national du contrôle, Aristide Aboyi Edah Sohou, a invité les participants à prêter une attention particulière aux échanges. « Je voudrais que nous soyons très attentifs aux échanges et que nous puissions contribuer pour une meilleure application de ces réformes qui tiennent à cœur au gouvernement », a-t-il déclaré.
Le président de l’Armp, Séraphin Agbahoungbata, a placé la rencontre sous le signe du dialogue et de l’appropriation. « Nous sommes là pour échanger, pour apprendre, pour comprendre, afin de mieux appliquer au profit de notre pays », a-t-il indiqué. Pour lui, l’enjeu est désormais de rapprocher les prescriptions des textes des réalités auxquelles sont confrontés les acteurs sur le terrain.
L’une des principales orientations concerne l’appréciation de la conformité des offres. L’Armp entend notamment éviter que des irrégularités sans incidence substantielle conduisent automatiquement au rejet d’une proposition.
« Les fautes d’orthographe ne peuvent pas constituer des motifs de rejet », a insisté Séraphin Agbahoungbata. Une manière de rappeler que l’analyse d’une offre doit prioritairement porter sur les éléments susceptibles d’en affecter réellement la conformité.
La réforme appelle ainsi à distinguer les exigences fondamentales des irrégularités secondaires. « Il s’agit plutôt de faire la distinction entre ce qui est substantiel, ce qui est fondamental, et ce qui ne l’est pas », a expliqué le président de l’Armp.
Cette approche doit permettre de favoriser une appréciation « harmonisée, objective et cohérente » des offres, tout en préservant les principes qui encadrent la commande publique.
La production locale au cœur de la seconde circulaire
Les discussions portent également sur la place des produits locaux dans les marchés publics. La circulaire n°214/Mef/Dc/Sgm/Dnc/Sp-c du 4 septembre 2026 fixe, sur ce volet, des orientations destinées à renforcer la promotion de la production nationale dans la commande publique.
Présenté par Yacoubou Onitchango, Directeur des systèmes d’information, de l’archivage et des statistiques à la Dnc, ce deuxième texte vise à faire davantage de la commande publique un levier de développement économique. L’objectif affiché est notamment de donner davantage de visibilité aux produits et au savoir-faire issus du tissu productif béninois.
Pour le président de l’Armp, cette ambition passe aussi par une meilleure valorisation des artisans et producteurs nationaux. « Ce n’est pas l’intelligence qui nous manque, ce n’est pas la force qui nous manque, mais la volonté de nous valoriser sur le marché public », a-t-il déclaré.
La campagne ne s’arrêtera pas à Cotonou. Elle doit se poursuivre dans les autres départements du pays et toucher au total 2 268 participants. Parmi les personnes ciblées figurent les responsables des marchés publics, les secrétaires et gestionnaires des marchés publics, mais également les responsables des affaires financières, des services techniques et du contrôle.
À travers cette opération de vulgarisation, l’Armp et la Dnc cherchent à faire en sorte que les nouvelles orientations soient comprises de la même manière et appliquées selon les mêmes principes. En toile de fond, l’ambition reste celle d’une commande publique davantage tournée vers la performance, la transparence, la traçabilité et l’efficacité.
