La raffinerie Dangote s’impose progressivement comme un acteur important de l’approvisionnement européen en carburant aviation. Depuis les perturbations provoquées par la guerre en Iran, l’installation nigériane a fortement augmenté ses exportations de kérosène vers le marché européen.
Lors du lancement de l’introduction en Bourse de son groupe pétrolier, lundi 14 septembre à Lagos, Aliko Dangote a mis en avant cette contribution. « L’Europe devrait vraiment remercier le Nigeria qui lui a permis, sous la direction du président Tinubu, de maintenir ses avions en vol », a déclaré l’homme d’affaires. Il a également affirmé que sa raffinerie était devenue le premier fournisseur de kérosène de l’Europe.
Et pour cause, la guerre en Iran a perturbé les flux de pétrole et de produits raffinés en provenance du Moyen-Orient, notamment en raison de la baisse du trafic dans le détroit d’Ormuz. Cette situation a accentué les tensions sur les marchés énergétiques et poussé les acheteurs européens à rechercher de nouvelles sources d’approvisionnement.
Dans ce contexte, la raffinerie Dangote, située près de Lagos, a renforcé ses exportations de carburants, notamment de carburéacteur destiné à l’aviation.
Selon des données de Kpler citées par Reuters, l’Europe a importé environ 80 000 barils de carburant aviation par jour depuis la raffinerie Dangote au deuxième trimestre 2026. Ce volume représentait environ 13 % du déficit d’approvisionnement lié aux perturbations au Moyen-Orient.
Dangote serait ainsi devenu le premier fournisseur de carburant aviation de l’Europe au niveau d’une installation individuelle, derrière les États-Unis considérés comme pays fournisseur.
Une capacité appelée à doubler
La raffinerie a également accru ses exportations de diesel et de gazole, profitant de la demande internationale. Cette progression intervient alors que le groupe prépare l’ouverture de son capital aux investisseurs.
L’opération porte sur 4,1 milliards d’actions, proposées à 525 nairas chacune, avec un objectif initial de levée de 1,6 milliard de dollars. Les fonds doivent notamment soutenir l’expansion de la raffinerie.
Actuellement capable de traiter 700 000 barils de pétrole brut par jour, l’installation pourrait atteindre une capacité de 1,4 million de barils quotidiens d’ici 2029.
Sur le plan financier, le prospectus de l’opération fait état d’un bénéfice net de 1,82 milliard de dollars au premier semestre 2026, contre une perte de 476 millions de dollars sur l’ensemble de 2025. Cette amélioration s’explique notamment par la hausse des exportations et la demande accrue pour les produits raffinés.
