Bénin : la transition présidentielle en marche, Talon en guide de Wadagni

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Le fait est rare, presque déroutant. Au Bénin, la transition présidentielle ne se limite plus à une simple passation de charges. Elle se vit, s’exerce et s’expérimente en temps réel, dans une cohabitation assumée entre le chef de l’État sortant et le président élu, Romuald Wadagni.

Depuis la proclamation des résultats du scrutin du 12 avril, le pays entre dans une séquence politique inédite. Loin des transitions souvent crispées observées ailleurs sur le continent, Cotonou affiche un visage apaisé, marqué par une continuité méthodique de l’action publique.

Sur le terrain comme dans les cercles décisionnels, l’image frappe. Le président en exercice et son successeur multiplient les apparitions conjointes : visites de chantiers, échanges avec les populations, suivi des projets structurants. Même le Conseil des ministres devient le théâtre d’une présence partagée, symbole d’un passage de témoin en douceur.

Cette dynamique dépasse la simple mise en scène. Elle traduit une volonté politique claire, celle de préparer l’exercice du pouvoir dans la continuité, sans rupture brutale ni période d’incertitude.

Une immersion progressive dans le pouvoir

Ancien argentier de l’État, Romuald Wadagni n’arrive pas en terrain inconnu. Mais cette transition lui offre un accès direct aux mécanismes les plus sensibles de la gouvernance. Ici, la transmission ne se limite pas à des dossiers techniques, elle s’inscrit dans une logique de co-construction temporaire.

Le président sortant, fort de son expérience, endosse un rôle de guide. Une forme de mentorat institutionnel se met en place, où l’accompagnement se conjugue à une responsabilité partagée face aux enjeux nationaux.

Cette séquence politique suscite à la fois admiration et questionnements. Elle bouscule les standards africains, souvent marqués par des transitions tendues ou symboliques. En misant sur l’anticipation et la collaboration, le Bénin explore une voie peu empruntée.

Le parallèle avec la Conférence nationale de 1990 s’impose. Comme à cette époque, le pays semble réaffirmer sa capacité à innover en matière de gouvernance. Au-delà de l’effet d’image, l’enjeu est institutionnel. Cette cohabitation transitoire redéfinit la pratique du pouvoir, en plaçant l’intérêt général au-dessus des logiques de rupture.

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