Le Bénin franchit, ce jeudi 30 juillet, une nouvelle étape de son histoire institutionnelle avec l’installation officielle du Sénat. La cérémonie se déroule à Porto-Novo, capitale politique du pays, alors que la nouvelle chambre du Parlement exercera ses activités à Cotonou.
Créée à la faveur de la révision constitutionnelle adoptée en novembre dernier sous la présidence de Patrice Talon, cette institution compte 25 membres. Aucun d’entre eux n’a été élu. Le Sénat réunit des membres de droit, parmi lesquels les anciens chefs d’État, ainsi que des personnalités désignées conformément aux dispositions de la Constitution.
Dès son annonce, le projet avait suscité une forte opposition. Le parti Les Démocrates avait rejeté la réforme et voté contre sa création. L’ancien président Boni Yayi, lui aussi hostile au texte, avait d’abord refusé de siéger avant de revoir sa position. Il explique désormais vouloir utiliser cette tribune pour défendre les libertés publiques, les principes démocratiques et évoquer le sort des personnalités politiques détenues ou contraintes à l’exil.
Le Sénat accueille également plusieurs figures majeures de la vie publique béninoise. Parmi elles figurent Nicéphore Soglo, doyen des anciens présidents de la République, Robert Dossou et Théodore Holo, anciens présidents de la Cour constitutionnelle, Adrien Houngbédji et Bruno Amoussou, anciens présidents de l’Assemblée nationale, ainsi qu’Ousmane Batoko, ancien président de la Cour suprême.
Pour les partisans de la réforme, cette nouvelle chambre doit contribuer à la stabilité des institutions et à la régulation de la vie politique. Ses détracteurs y voient au contraire un instrument susceptible de maintenir l’influence de Patrice Talon après son départ de la présidence. L’ancien chef de l’État avait rejeté ces critiques avant de quitter le pouvoir, estimant que les anciens dirigeants avaient le devoir de continuer à mettre leur expérience au service de la nation.
Selon les informations disponibles, la séance inaugurale doit se limiter à l’installation officielle des sénateurs et à l’examen du règlement intérieur. L’élection du bureau interviendra après la validation de ce texte par la Cour constitutionnelle.
