Alors que Romuald Wadagni s’active discrètement sur la composition de son premier gouvernement, une question agite déjà les couloirs de la Marina. Qui restera, qui sortira ? Si la rumeur va bon train sur d’éventuelles surprises, cinq ministres actuels partent avec une longueur d’avance. Leur jeunesse constitue un atout stratégique, tandis que leur capacité à assurer la continuité correspond à la priorité d’un exécutif soucieux d’accélérer sur les chantiers essentiels.
Voici ci-dessous, les cinq ministres que le président Romuald Wadagni pourrait probablement reconduire.
Benoît Dato, actuel ministre des Sports et de la Jeunesse
À la tête d’un portefeuille aussi sensible que porteur politiquement, il incarne la volonté de faire de la jeunesse un levier, et non plus une simple variable d’ajustement. Stades rénovés, disciplines professionnalisées, encadrement des talents, les dossiers ne manquent pas. Le reconduire, c’est affirmer clairement que la génération Wadagni entend construire dans la durée
Benjamin Hounkpatin, actuel ministre de la Santé
Un portefeuille ministériel ne se réinvente pas à chaque remaniement, surtout quand il s’appelle la Santé. Entre l’hôpital de référence de Cotonou et les déserts médicaux de l’intérieur, il avance sans fracas mais avec méthode. Le système béninois a soif de continuité. Le maintenir en poste, c’est choisir la coordination plutôt que la rupture.
Yvon Détchénou, actuel ministre de la Justice
La justice béninoise attend beaucoup des réformes engagées. Lui ne cache pas son ambition d’accélérer la modernisation de l’appareil judiciaire, d’améliorer sa crédibilité et de lutter contre les lenteurs chroniques. Dans un État de droit encore en construction, sa reconduction serait un gage de sérieux, loin des injonctions politiciennes.
Olushegun Adjadi Bakari, actuel ministre des Affaires étrangères
À une époque où le Sahel brûle et où les putschistes redessinent la carte ouest-africaine, le Bénin ne peut pas se permettre l’amateurisme diplomatique. Discret mais efficace, il incarne une ligne constante. Ni naïveté, ni militantisme. Le maintenir aux Affaires étrangères, c’est envoyer un message rassurant aux partenaires internationaux et aux voisins inquiets.
Shadiya Assouman, actuel ministre de l’Industrie et du Commerce
Sous ses airs de technocrate, elle manie un levier essentiel, la transformation structurelle de l’économie béninoise. Zones industrielles, commerce formel, régulation, elle a posé les bases. La reconduire, c’est faire le pari d’une politique industrielle assumée, qui ne s’arrête pas aux effets d’annonce.
À première vue, ces cinq profils cochent toutes les cases. Technique, politique, territoriale. Mais à Cotonou, les arbitrages finaux ne se font jamais uniquement sur dossier. Entre équilibres internes, pressions de la mouvance et volonté présidentielle de marquer sa différence, Romuald Wadagni pourrait aussi choisir de surprendre. Une seule certitude. La liste définitive en dira long sur sa marge de manœuvre réelle.
