Catastrophes naturelles : la Côte d’Ivoire prépare une nouvelle stratégie d’alerte

La Côte d’Ivoire a accueilli, les 14 et 15 juillet 2026 à Abidjan, un exercice de simulation consacré au renforcement de ses capacités d’anticipation et de gestion des risques liés au changement climatique.

Organisé par le Secrétariat exécutif de la Plateforme nationale de Réduction des Risques et de gestion des Catastrophes (SE/PN-RRC), cet exercice basé sur la discussion (Discussion-Based Exercise – DBX) portait sur les produits du Système africain d’alerte précoce et d’action anticipée multirisque (AMHEWAS).

Cette initiative s’inscrit dans le cadre du programme Early Warning and Early Action Capacity Building in Africa, financé par le Bureau des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophe (UNDRR), avec le soutien de la Commission de l’Union africaine, de la Fondation CIMA et de la Coopération italienne.

Sélectionnée avec l’Angola et la Zambie comme pays pilote, la Côte d’Ivoire ambitionne d’intégrer davantage les outils AMHEWAS dans son système national d’alerte précoce. Les travaux ont notamment porté sur Africa Drought Watch, une plateforme destinée à anticiper et suivre les épisodes de sécheresse grâce à des données de prévision.

Présidant l’ouverture des travaux au nom du ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, le directeur de cabinet Parfait Kouadio a rappelé que les effets du changement climatique exposent le pays à des phénomènes de plus en plus intenses, notamment les sécheresses, les perturbations saisonnières et les événements hydrométéorologiques extrêmes. Ces phénomènes représentent une menace pour la sécurité alimentaire et l’accès aux ressources en eau.

Des risques climatiques aux conséquences économiques majeures

Parfait Kouadio a également évoqué les récentes fortes pluies qui ont touché le district d’Abidjan et causé 59 décès, soulignant l’urgence de renforcer les mécanismes d’anticipation et de prévention.

Il a rappelé que les conséquences économiques du changement climatique pourraient être lourdes. Selon le Rapport national sur le climat et le développement (CCDR 2023), la Côte d’Ivoire pourrait enregistrer une perte allant jusqu’à 13 % de son PIB d’ici 2050 et compter 1,6 million de personnes supplémentaires exposées à la pauvreté en l’absence de mesures d’adaptation efficaces.

Face à ces défis, le gouvernement réaffirme son engagement à poursuivre la mise en œuvre de la Stratégie nationale de réduction des risques de catastrophe 2020-2030, alignée sur le Cadre d’action de Sendai.

Vers une meilleure utilisation des données climatiques

Le secrétaire exécutif de la PN-RRC, Dr Kader Touré, a mis en avant les avancées réalisées grâce à l’appui des partenaires techniques, notamment l’utilisation des données satellitaires, la validation du profil national du risque d’inondation et le renforcement des compétences des acteurs nationaux.

Durant la simulation, les participants ont travaillé sur un scénario de sécheresse afin d’améliorer l’exploitation des informations fournies par Africa Drought Watch et leur intégration dans le dispositif national d’alerte.

L’exercice a réuni plusieurs acteurs nationaux et internationaux, parmi lesquels des représentants de l’ONU, de la Commission de l’Union africaine, de la Coopération italienne, de la Fondation CIMA ainsi que des institutions ivoiriennes impliquées dans la gestion des risques de catastrophe.

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