Émile-Gros-Raymond Nakombo, président de la délégation spéciale de la capitale centrafricaine, n’a pas pu réintégrer son bureau ce lundi 20 avril. Mis en disponibilité en octobre dernier pour participer aux élections législatives de décembre 2025, il s’est heurté à un double obstacle. En effet, une partie du personnel municipal, hostile à son retour, a reçu le soutien du ministère de l’Administration du territoire.
Dès le lendemain, l’édile a convoqué la presse pour dénoncer ce qu’il considère comme un coup de force orchestré en complicité avec le ministère. « Si nous voulons être un modèle dans ce pays, nous devons respecter nos propres textes. On ne peut pas du jour au lendemain décider que vous ne revenez plus après une disponibilité », a-t-il martelé.
Nommé par le président Faustin-Archange Touadéra, il estime que seul le chef de l’État a l’autorité pour le révoquer. « Un simple arrêté ministériel ne décidera pas de mon sort, c’est impossible », a-t-il lancé, avant de rappeler son bilan : « J’ai dirigé la mairie de Bangui pendant dix ans. J’ai apporté des financements et mené des dossiers lourds ».
Des employés excédés
Sur le parvis de la mairie, des agents mécontents brandissent une banderole où l’on peut lire : « Trop, c’est trop ». Une employée, sous couvert d’anonymat, dresse un tout autre portrait du maire. « Dix ans de scandales : mauvaise gestion, détournements, salaires impayés, conditions de travail déplorables. Nous n’en pouvons plus », a-t-elle déclaré.
Émile-Gros-Raymond Nakombo s’était mis en disponibilité pour se présenter aux législatives dans la circonscription de Sosso-Nakombo, dans le sud-ouest du pays. Il avait finalement retiré sa candidature pour éviter d’affronter ses deux frères, également en lice.
Le ministère de l’Administration du territoire reste silencieux pour l’instant. Selon une source proche du dossier, il attendrait le second tour des élections municipales, prévu le 26 avril, pour procéder à l’installation des nouveaux maires élus.

