L’Iran a rejeté une proposition de cessez-le-feu transmise par les États-Unis par l’intermédiaire du Premier ministre irakien, estimant que le texte ne répondait pas à la question cruciale du contrôle du détroit d’Ormuz. Selon des responsables iraniens et irakiens cités par le New York Times, ce point a été déterminant dans le refus de Téhéran.
Le Premier ministre irakien, Ali al-Zaidi, s’est rendu à Téhéran quelques jours après une visite à la Maison Blanche, où il s’était entretenu avec le président américain Donald Trump. Au cours de son déplacement en Iran, il a rencontré le président Massoud Pezeshkian, le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf ainsi que le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi.
D’après les sources citées, la proposition américaine constituait la seule offre de cessez-le-feu alors en discussion. Les autorités iraniennes l’ont toutefois jugée insuffisante, estimant qu’un accord temporaire ne pouvait être accepté sans clarification sur le statut du détroit d’Ormuz, voie maritime par laquelle transite près de 20 % du pétrole mondial.
Des tensions diplomatiques persistantes
Selon les mêmes sources, Abbas Araghchi aurait qualifié la proposition américaine d’« irrationnelle, excessive et hégémonique ». Tout en réaffirmant que Téhéran ne recherchait pas de nouvelle médiation avec Washington, il aurait accepté que le chef du gouvernement irakien serve d’intermédiaire pour transmettre des messages entre les deux capitales.
Ces développements interviennent après plusieurs semaines d’escalade militaire entre les États-Unis et l’Iran. Washington aurait menacé de renforcer ses frappes contre des infrastructures stratégiques iraniennes, tandis que Téhéran aurait averti qu’une attaque directe contre son territoire pourrait entraîner un élargissement du conflit, notamment vers Israël, et perturber davantage le trafic maritime dans la région.
Ce n’est pas la première tentative de médiation depuis le début des hostilités. Un projet de trêve élaboré au printemps par l’Égypte, le Pakistan et la Turquie n’avait pas davantage abouti.
Voisin de l’Iran et lié à lui par d’importants intérêts économiques et sécuritaires, l’Irak continue de jouer un rôle d’intermédiaire entre Téhéran et Washington. À ce stade, la Maison Blanche n’a pas réagi officiellement aux informations faisant état du rejet de cette nouvelle proposition de cessez-le-feu.
