Derrière une communication soigneusement maîtrisée, des projets de drones agricoles et des actions de solidarité largement médiatisées, le groupe Agrosources et sa fondation caritative F.A.I.R.E. se retrouvent aujourd’hui au centre de graves interrogations financières. Le dossier est désormais suivi par le Pôle pénal économique et financier (PPEF) d’Abidjan, selon plusieurs sources proches de l’enquête.
Selon des révélations publiées par Enquête-Media, plusieurs zones d’ombre alimentent les soupçons autour du fonctionnement du groupe et de ses structures associées. Parmi les éléments relevés, des écarts importants apparaissent dans les chiffres communiqués. Le groupe revendique un chiffre d’affaires estimé entre 29 et 60 millions de dollars sur ses supports officiels, alors que l’entité juridique, créée en mars 2023, ne déclarait initialement aucun salarié. Une situation qui suscite des interrogations sur la réalité de son activité économique.
La fondation F.A.I.R.E. sous surveillance
Au cœur du dispositif, la Fondation F.A.I.R.E. attire également l’attention des enquêteurs. L’organisation mène des campagnes de collecte de fonds en ligne, via des mécanismes de crowdfunding, sans dispositifs apparents de vérification d’identité des donateurs, selon les mêmes sources. Une absence de contrôle qui est présentée par certains experts comme un risque majeur en matière de conformité financière.
Autre point sensible, l’annonce de l’acquisition de 24 000 hectares destinés à un projet de centrale solaire d’envergure. À ce stade, aucune trace vérifiable de mise en œuvre concrète n’aurait été observée sur le terrain, selon les informations rapportées.
Ces éléments nourrissent des interrogations sur la cohérence globale du projet et sur la réalité des investissements annoncés.
Une enquête en cours
Si des actions philanthropiques, notamment des distributions de fournitures scolaires à Diapé, sont régulièrement mises en avant par le groupe, elles ne suffisent pas à dissiper les zones d’ombre soulevées par l’enquête.
Les autorités judiciaires ivoiriennes disposent désormais du dossier. L’enquête en cours devra déterminer si le modèle économique présenté repose sur une activité réelle ou s’il masque des pratiques financières irrégulières.
