Une opération internationale coordonnée par les autorités britanniques et américaines a visé des réseaux de fraude en ligne actifs en Afrique de l’Ouest. Elle a conduit à la suppression de plus de 3,7 millions de comptes, pages et groupes sur Facebook et Instagram, à 28 arrestations et à la découverte de 117 victimes présumées de traite des êtres humains au Ghana.
L’intervention a mobilisé les forces de l’ordre de dix pays et quinze entreprises technologiques. À l’issue des opérations, Meta a supprimé plus de 3,7 millions de comptes, pages et groupes sur Facebook et Instagram. Les enquêteurs ont également procédé à 28 arrestations et identifié plus de 30 centres d’escroquerie présumés.
Au Nigeria, les forces de l’ordre ont arrêté neuf personnes et saisi 53 appareils électroniques lors de perquisitions, selon le département américain de la Justice.
Au Ghana voisin, une opération menée à Sasaabi, près d’Accra, a conduit à 19 arrestations et à la saisie de 303 appareils électroniques. Les autorités ont également découvert 117 personnes qui auraient été retenues contre leur volonté et contraintes de participer à des escroqueries numériques.
Ces personnes, présentées comme des victimes de traite des êtres humains, attendent leur rapatriement au Nigeria, selon les informations communiquées par les autorités américaines.
Des victimes ciblées en Europe et aux États-Unis
D’après Meta, cette opération constitue sa première action coordonnée de grande ampleur contre les infrastructures régionales d’escroquerie. Les profils supprimés visaient principalement des internautes aux États-Unis et au Royaume-Uni, notamment au moyen de faux comptes usurpant l’identité de ressortissants de ces deux pays.
Les enquêteurs ont également recensé des cibles en Allemagne, au Brésil, au Japon, en Inde, en Afrique du Sud, en Turquie et au Nigeria. Au total, 89 victimes de fraude liées aux réseaux ciblés ont été documentées. Les pertes financières sont estimées à environ 8,3 millions de dollars.
Les réseaux démantelés étaient présumés impliqués dans plusieurs formes de fraude, dont les faux investissements en cryptomonnaies, les offres d’emploi trompeuses, les escroqueries sentimentales, les fraudes au commerce électronique et les usurpations d’identité de policiers ou de militaires.
Les enquêteurs ont également ciblé les escroqueries au recouvrement. Cette méthode consiste à réclamer des frais anticipés à des personnes déjà victimes de fraude, en leur promettant de récupérer les sommes perdues.
Google, Microsoft, OpenAI, Coinbase, Adobe et Starlink figurent parmi les entreprises technologiques ayant participé à l’opération. Au-delà des pertes financières, les résultats mettent en évidence les liens entre cybercriminalité organisée et traite des êtres humains, deux phénomènes que les autorités entendent combattre à travers une coopération transfrontalière renforcée.

