L’évacuation en urgence de Donald Trump, samedi 25 avril lors du dîner des correspondants de la Maison Blanche, a remis sous les projecteurs un concept très particulier de la vie politique américaine, le « designated survivor », ou « survivant désigné ».
Le survivant désigné est un membre du gouvernement maintenu dans un lieu sécurisé tenu secret. Lors des grands événements où les plus hauts responsables américains sont réunis (comme l’état de l’Union ou le dîner des correspondants) son rôle est d’assurer la continuité de l’État en cas d’attaque ou de catastrophe majeure qui éliminerait le président, le vice-président et l’ensemble des membres du cabinet.
Ce concept a vu le jour pendant la guerre froide, alors que les États-Unis redoutaient une frappe nucléaire soviétique. La première fois que cette pratique a été rendue publique, c’était en 1981, sous la présidence de Ronald Reagan. Elle a été renforcée après les attentats du 11 septembre 2001.
Le survivant désigné n’est prévenu qu’à la dernière minute. Même sa famille ne doit pas être informée. Il n’existe aucune règle fixe pour le choisir. C’est généralement le président ou son chef de cabinet qui le désigne. La seule condition, être éligible à la présidence (avoir au moins 35 ans et être citoyen américain de naissance).
Cette fonction n’est pas inscrite dans la Constitution, mais uniquement dans le code fédéral. Elle illustre la volonté américaine d’anticiper le pire. Ce samedi, heureusement, le survivant désigné n’a pas eu à entrer en fonction. Mais son existence, confidentielle, reste une des dernières sécurités de la démocratie américaine.

