Gabon : cinq mois après la coupure des réseaux sociaux, la colère monte à Libreville

Cinq mois après la suspension des réseaux sociaux au Gabon, la lassitude gagne une partie de la population. Depuis le 17 février 2026, la décision prise par la Haute Autorité de la communication (HAC) continue de priver de nombreux citoyens de l’accès normal aux plateformes numériques, officiellement pour lutter contre les discours d’incitation à la haine et protéger les enfants.

Alors qu’une loi sur la régulation des réseaux sociaux a été adoptée par le Parlement, elle n’a toujours pas été promulguée. La mesure provisoire semble s’installer dans la durée et suscite de nombreuses critiques à Libreville.

Les VPN, une solution risquée

Malgré la suspension officielle, de nombreux Gabonais continuent d’utiliser les réseaux sociaux grâce aux réseaux privés virtuels (VPN). Cette pratique s’est largement développée, mais elle comporte des risques.

Une grande partie des utilisateurs se tournent vers des VPN gratuits, souvent moins sécurisés, ce qui aurait favorisé une augmentation des risques de vol ou d’exploitation des données personnelles.

La dégradation du débit Internet accentue la frustration

À cette situation s’ajoute une baisse notable de la qualité de la connexion Internet à Libreville ces dernières semaines. Plusieurs citoyens dénoncent un ralentissement du réseau qui complique davantage l’accès aux services numériques.

Dans les rues de la capitale, certains habitants appellent désormais les autorités à rétablir l’accès complet aux plateformes numériques.

« Remettez-nous la connexion ! Remettez-nous l’Internet ! », réclament plusieurs citoyens. Ils expriment leur impatience face à une restriction qui devait initialement être temporaire.

Un recours toujours en attente

Face à cette situation, un collectif de quatre associations a engagé une procédure judiciaire contre la décision de la HAC. Les juridictions saisies n’ont pas encore rendu de décision favorable.

Cinq mois après le début de la suspension, le débat reste donc ouvert entre les partisans d’un encadrement renforcé des réseaux sociaux et ceux qui dénoncent une atteinte aux libertés numériques et aux activités économiques.

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