Les autorités ghanéennes ont démantelé plusieurs réseaux spécialisés dans la fabrication et la circulation de faux billets. Entre juin et juillet 2026, six opérations menées dans la région du Grand Accra ont conduit à l’arrestation de 16 suspects et à la découverte de quatre imprimeries clandestines.
L’opération a été conduite par le Secrétariat du Conseil de sécurité nationale (NSCS), avec l’appui des services ghanéens de sécurité et de renseignement. Les réseaux visés produisaient des fausses coupures en cedis ghanéens, en dollars américains et dans d’autres devises, avec des ramifications au Ghana et dans plusieurs pays de la région.
Selon le bilan communiqué par les autorités, les opérations ont permis de récupérer 543 000 dollars américains, 196 600 cedis ghanéens et 60 000 francs CFA sous forme de faux billets prêts à être mis en circulation. Les enquêteurs ont également découvert des coupons destinés à l’impression de nouvelles coupures. Leur valeur nominale dépassait 5,2 millions de dollars, 19,5 millions de cedis et 623,5 millions de francs CFA.
Quatre machines d’impression professionnelle, six véhicules et deux motos utilisés pour la production, le transport ou la distribution des faux billets ont également été saisis.
Des imprimeries installées dans des lieux religieux
Les investigations ont révélé que certains membres du réseau avaient choisi des églises, des centres spirituels et des lieux de pratique traditionnelle pour installer leur matériel. Cette stratégie aurait permis de réduire les nuisances liées aux machines et de limiter les soupçons du voisinage.
Le 12 juin, une opération menée à Amuzu, dans la périphérie de Kasoa, a ainsi conduit à l’arrestation de Nana Nyarko Derrick Dapaah dans un centre spirituel traditionnel. Une machine d’impression, de faux lingots d’or, des téléphones et des faux billets ont été retrouvés sur place.
Le 19 juin, les autorités ont ensuite démantelé une cellule présentée comme transnationale. Sept personnes, dont trois Ghanéens et quatre ressortissants étrangers, ont été arrêtées. Les enquêteurs ont saisi à cette occasion 65 900 dollars en fausse monnaie.
Un pasteur toujours recherché
D’autres perquisitions ont eu lieu le 29 juin à Lashibi et Klagon. Cinq personnes ont été arrêtées et deux véhicules saisis. Les enquêteurs ont également découvert d’importants stocks de coupons destinés à l’impression.
Parmi les personnes citées dans le dossier figure le pasteur Emmanuel Boakye-Danquah, présenté par les autorités comme l’un des cerveaux présumés du réseau. Il reste recherché. À Lakeside Estate, un livreur a aussi été arrêté avec cinq cartons de faux billets de 200 cedis. Leur valeur nominale atteindrait 12,4 millions de cedis.
D’autres arrestations ont enfin été réalisées à Nii Boi Town, Achimota et Amasaman. Ces opérations ont permis aux services de sécurité d’identifier des coordinateurs régionaux ainsi que des techniciens spécialisés dans l’impression.
Selon le NSCS, le réseau reposait sur une organisation structurée avec des facilitateurs transfrontaliers, des techniciens et des coursiers chargés d’acheminer rapidement les faux billets.
Les autorités estiment que les saisies ont permis de limiter les risques de perturbation du système financier. Une importante mise en circulation de fausse monnaie pourrait, selon elles, affecter la confiance dans le système bancaire, les échanges et le marché des changes.
Les 16 suspects arrêtés ont été placés en détention provisoire et remis au Bureau des enquêtes nationales (BNI) pour les investigations médico-légales. Le dossier doit être transmis au Bureau du Procureur général en vue d’éventuelles poursuites devant la Haute Cour d’Accra.
Les recherches se poursuivent par ailleurs pour retrouver les personnes encore en fuite, dont le pasteur Emmanuel Boakye-Danquah. Les autorités ghanéennes invitent les populations, les propriétaires d’immeubles, les institutions financières et les responsables religieux à signaler toute activité suspecte susceptible d’être liée à la fabrication ou à la circulation de faux billets.
