Guinée équatoriale : Malabo offre jusqu’à 1,5 million d’euros pour le rapatriement d’opposants

Les autorités de Guinée équatoriale ont annoncé des récompenses financières pouvant atteindre 1,5 million d’euros pour favoriser le retour au pays de plusieurs opposants membres de la Coalition rénovatrice pour la démocratie (Cored), vivant pour la plupart en exil en Europe.

Dans une résolution présentée lundi à la presse, le procureur général Anatolio Nzang Nguema Mangue a annoncé des primes destinées aux personnes, institutions ou gouvernements qui contribueraient au rapatriement des responsables visés.

Le principal montant annoncé concerne Salomon Abeso Ndong, chef de file de la Cored et actuellement installé à Londres. Les autorités équato-guinéennes l’accusent d’avoir été le principal commanditaire d’une tentative de coup d’État que le régime affirme avoir déjouée en 2017.

Pour obtenir son rapatriement, Malabo propose une récompense pouvant atteindre 1,5 million d’euros, soit environ un milliard de francs CFA. Douze autres personnes figurent également sur la liste. Les primes annoncées pour leur retour varient entre 700 000 et un million d’euros.

Des accusations de soutien à des groupes armés

Pour justifier cette initiative, le parquet équato-guinéen accuse la Cored d’avoir changé de stratégie après l’échec présumé de la tentative de 2017.

Selon les autorités de Malabo, les opposants auraient mis en place un « plan B » visant à rechercher le soutien de groupes armés internationaux, notamment Al-Qaïda et Boko Haram. Le parquet affirme que cette stratégie aurait pour objectif de s’en prendre au chef de l’État, de renverser le gouvernement par la violence et de mener des attaques contre des marchés, des bâtiments officiels et des ambassades.

Ces accusations émanent des autorités équato-guinéennes et n’ont pas été étayées, dans les éléments rapportés ici, par des preuves indépendantes.

La Guinée équatoriale, pays d’environ deux millions d’habitants, est dirigée depuis 1979 par Teodoro Obiang Nguema. Le pouvoir est régulièrement critiqué par des organisations de défense des droits humains concernant la situation politique et les libertés publiques dans le pays.

Ces récompenses sont annoncées sur fond de tensions politiques persistantes en Guinée équatoriale, où plusieurs figures de l’opposition vivent en exil depuis plusieurs années et continuent de s’opposer au pouvoir depuis l’étranger.

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