Guinée : le chantier secret de Doumbouya dans le Gard embarrasse la France

En France, un chantier situé dans la commune des Mages, dans le département du Gard, alimente une vive controverse en France. La propriété, présentée comme appartenant au président guinéen Mamadi Doumbouya et à son épouse Lauriane Darboux-Doumbouya, fait l’objet d’un débat sur la transparence des documents d’urbanisme.

Selon des informations rapportées par le quotidien Midi Libre, les travaux concernent une ancienne bâtisse en pierre en cours de rénovation ainsi que plusieurs nouvelles constructions. Le premier permis de construire aurait été déposé en septembre 2021, quelques semaines après l’arrivée au pouvoir de Mamadi Doumbouya à la suite du coup d’État en Guinée. La mairie des Mages aurait ensuite accordé une autorisation tacite en décembre de la même année.

Le dossier attire l’attention en raison du statut du propriétaire présumé. Ancien officier de la Légion étrangère française, Mamadi Doumbouya dirige la Guinée depuis septembre 2021. Son épouse, de nationalité française, possède des attaches familiales dans la région d’Alès, ce qui expliquerait le choix de cette commune pour ce projet immobilier.

La principale controverse concerne toutefois l’accès aux documents administratifs. En France, les permis de construire sont, en règle générale, consultables par le public. Dans cette affaire, la mairie invoque des impératifs liés à la sécurité du chef de l’État guinéen pour limiter la consultation de certaines pièces.

Le journaliste Thomas Dietrich affirme avoir rencontré plusieurs obstacles dans ses démarches. Après avoir saisi la Commission d’accès aux documents administratifs, il a obtenu une partie des éléments relatifs au permis délivré en 2021, mais pas l’ensemble des documents concernant une nouvelle autorisation de travaux accordée en 2024. Certaines informations lui auraient également été transmises sous une forme partiellement masquée.

Face à cette situation, le journaliste a engagé une procédure devant le tribunal administratif de Nîmes afin d’obtenir la communication des documents. Lors de l’audience tenue le 17 juin, la juridiction a rejeté sa demande en référé, estimant qu’aucune urgence ne justifiait une transmission immédiate.

L’affaire n’est toutefois pas close. Une audience sur le fond doit encore être organisée dans les prochains mois. Selon les délais évoqués, la décision pourrait intervenir dans un délai compris entre douze et dix-huit mois, alors que les travaux pourraient être achevés d’ici là.

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