En Inde, une simple erreur de modération a déclenché une vive controverse politique. En pleine vague de manifestations étudiantes, Meta a suspendu pendant plusieurs heures une vidéo du Premier ministre Narendra Modi, dans laquelle il appelait au calme et condamnait les violences liées au mouvement du « Parti des cafards ».
La publication a été rétablie par Meta, qui a invoqué une simple erreur technique. Mais cette explication n’a pas réussi à calmer le jeu.
Le 28 juillet, le ministère indien de l’Électronique a convoqué Arun Srinivas afin d’obtenir des explications. Trois jours plus tard, le 31 juillet, une plainte a été enregistrée contre lui par la police de Hyderabad, à la demande de responsables locaux du Bharatiya Janata Party (BJP), qui lui reprochent d’avoir laissé circuler des contenus jugés diffamatoires à l’égard de Narendra Modi.
La pression s’étend désormais à l’ensemble des grandes plateformes numériques. Meta, Google, X et Snap devront comparaître devant une commission parlementaire le 3 août pour répondre aux interrogations des élus.
Au cœur de cette affaire figure également le « Parti des cafards », un mouvement qui affirme être marginalisé par les médias traditionnels et qui s’appuie largement sur les réseaux sociaux pour diffuser ses messages et mobiliser ses sympathisants.
Au-delà de cette polémique, l’épisode réflète le durcissement des relations entre le gouvernement indien et les géants de la technologie. Dans un pays qui constitue le premier marché mondial de Meta, avec des centaines de millions d’utilisateurs de Facebook, Instagram et WhatsApp, les plateformes numériques occupent désormais une place stratégique dans le débat politique et sont soumises à une surveillance croissante des autorités.
