Le mont Kenya est confronté à l’un des incendies les plus importants de ces dernières années. Depuis le déclenchement des premières flammes, le 1er septembre, environ 8 700 hectares de végétation auraient été brûlés, principalement dans les landes d’altitude. L’estimation, arrêtée au 6 septembre, a été avancée par l’organisation de conservation Rhino Ark, alors que les opérations pour contenir les derniers foyers se poursuivent.
Le feu s’est déclaré près de Rutundu Lodge avant de se propager rapidement sous l’effet de vents violents et de températures élevées. Deux principaux fronts ont progressé vers la forêt de Marania, au nord, et en direction de Chogoria, au sud-ouest. Les équipes engagées dans la lutte contre l’incendie ont réussi à contenir le front nord, mais la situation reste préoccupante dans le sud de la montagne.
Plusieurs centaines de personnes participent aux opérations. Le Mount Kenya Trust, le Kenya Forest Service, le Kenya Wildlife Service, les Forces de défense du Kenya, Rhino Ark et la Lewa Wildlife Conservancy ont mobilisé des équipes sur le terrain. Des habitants des communautés voisines participent également aux efforts. Des moyens aériens fournis par Tropic Air permettent de surveiller quotidiennement l’évolution des flammes et d’orienter les interventions.
La progression du feu est favorisée par la végétation sèche, les vents et certaines espèces végétales invasives qui fournissent un important combustible. Les reliefs escarpés et l’altitude compliquent également l’accès aux zones touchées. Les autorités kényanes ont indiqué que 85 % du feu avaient été contenus au 8 septembre, avec des équipes désormais mobilisées pour traiter les points chauds et éviter de nouvelles reprises.
Au-delà des hectares de végétation détruits, c’est tout un écosystème qui suscite l’inquiétude. Le mont Kenya constitue un important château d’eau pour le pays. Ses cours d’eau alimentent les populations, les terres agricoles et la faune de plusieurs régions du centre et de l’est du Kenya. La montagne abrite également une biodiversité particulièrement riche, notamment des espèces menacées comme le bongo de montagne.
Le site du mont Kenya, qui comprend le parc national et les forêts environnantes, est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. Ses landes, ses zones humides et ses écosystèmes alpins constituent un ensemble écologique particulièrement fragile.
Les autorités n’ont pas encore établi l’origine de l’incendie. Elles devront également mesurer précisément ses conséquences sur la biodiversité et les ressources en eau. Pour les défenseurs de l’environnement, l’épisode rappelle surtout la vulnérabilité croissante des écosystèmes de haute altitude face aux incendies.
Avec ses 5 199 mètres, le mont Kenya est le deuxième sommet d’Afrique, derrière le Kilimandjaro. Son altitude, ses paysages et sa biodiversité en font l’un des espaces naturels les plus emblématiques du continent. Le défi consiste désormais à empêcher que les flammes encore actives ne transforment une catastrophe déjà importante en crise écologique majeure.
