Nouvelle journée de tension au Mali. Ce samedi 25 avril, des détonations ont retenti dans au moins quatre localités, dont Kati, ville-symbole située à proximité de Bamako où réside le chef de la junte, le général Assimi Goïta. Kidal et Gao, dans le nord, ainsi que Sévaré, dans le centre, ont également été touchées. Les autorités maliennes n’ont pas encore officiellement réagi, et aucune revendication n’a été formulée dans l’immédiat.
Selon des sources sécuritaires, les tirs visent des cibles militaires : habitations de soldats et d’officiers supérieurs, ainsi que des infrastructures de l’armée. La population locale, apeurée, reste cloîtrée chez elle. « On entend des tirs très forts. On a peur de sortir », confie un habitant de Sévaré.
L’identité des assaillants reste floue. Les rebelles du Front de libération de l’Azawad ont récemment annoncé combattre l’armée malienne et les mercenaires russes à Kidal. Sont-ils également impliqués dans les autres localités ? Les groupes jihadistes du Jnim pourraient-ils être associés à ces opérations ? Pour l’heure, aucune piste n’est privilégiée.
Le Mali traverse une crise profonde depuis 2012, entre violences jihadistes, rébellions et ingérences étrangères. La junte, qui a rompu avec la France et ses alliés pour se rapprocher militairement et politiquement de Moscou, a également fermé la porte aux élections. Assimi Goïta s’est vu accorder en 2025 un mandat présidentiel de cinq ans, renouvelable sans limitation et sans passage par les urnes, une décision qui avait été dénoncée par une partie de la société civile et de la communauté internationale.

