Le Mali dispose désormais d’un nouvel avion présidentiel. Les autorités ont présenté mercredi un Boeing 737 destiné aux déplacements officiels du chef de l’État de la Transition et des principales institutions du pays. L’appareil remplace l’ancien avion présidentiel, jugé trop endommagé pour reprendre du service dans des conditions optimales.
Selon les autorités maliennes, le nouvel appareil a été acquis pour un montant de 15,6 milliards de francs CFA. Toutefois, le coût réel supporté par les finances publiques devrait être inférieur. Le ministre d’État chargé de l’Économie et des Finances, Alfouseni Sanou, estime que la facture nette devrait se situer entre 5,6 et 6 milliards de francs CFA après la prise en compte des remboursements d’assurance et de la valorisation des équipements récupérés sur l’ancien appareil.
Présenté au public lors du journal télévisé de l’ORTM, ce Boeing appartient à une génération comparable à celle de l’ancien avion présidentiel, mais il bénéficie d’importantes améliorations techniques. Selon le colonel-major Lassana Togola, directeur général de l’Aéroport du Mali, les systèmes de navigation et de pilotage ont été modernisés, tandis que l’intérieur de la cabine a été adapté aux besoins des missions officielles.
L’appareil affiche une autonomie d’environ 11 500 kilomètres, soit près de quatorze heures de vol. Cette capacité permettrait d’effectuer des liaisons directes vers plusieurs capitales internationales, notamment Moscou. Un seul ravitaillement serait nécessaire pour un trajet vers la Chine. Le Boeing peut atteindre une vitesse de croisière de 950 km/h et voler jusqu’à 41 000 pieds d’altitude.
Les autorités expliquent également que l’État devrait récupérer près de 6 milliards de francs CFA grâce à l’assurance liée à l’ancien avion. À cela pourraient s’ajouter entre 3 et 4 milliards de francs CFA issus de la vente de pièces et d’équipements encore exploitables. Au total, le gouvernement table sur une récupération comprise entre 9 et 10 milliards de francs CFA.
Le remplacement de l’appareil intervient après les attaques du 17 septembre 2024 contre des sites militaires et l’aéroport de Bamako. Selon les autorités, l’ancien avion présidentiel avait subi des dommages importants, notamment au niveau de sa structure et de l’un de ses moteurs. Les difficultés d’approvisionnement en pièces détachées auraient également pesé dans la décision de privilégier l’achat d’un nouvel appareil.
Pendant quinze mois, l’indisponibilité de l’ancien avion avait contraint les autorités à recourir à des appareils affrétés pour les déplacements officiels, avec un coût supplémentaire pour le budget national.

