L’Afrique n’échappe pas à l’essor des contenus pour adultes sur Internet. Mais faute de statistiques continentales harmonisées, les données disponibles offrent surtout un aperçu des pays où le trafic vers les plateformes pornographiques est particulièrement important.
Longtemps associée à quelques marchés occidentaux, la consommation de contenus pornographiques s’est largement mondialisée avec la progression du smartphone et de l’accès à Internet. En Afrique, plusieurs pays apparaissent régulièrement parmi les marchés où le trafic vers les plateformes pour adultes est élevé. La comparaison reste toutefois délicate, car les chiffres dépendent des sites étudiés, du nombre d’internautes et des méthodes de mesure.
L’Afrique du Sud parmi les principaux marchés
L’Afrique du Sud figure régulièrement parmi les pays africains les plus visibles dans les données relatives à la consommation de contenus pour adultes. Le pays dispose d’un marché numérique particulièrement développé et d’un taux d’accès à Internet élevé.
Cette position s’explique aussi par le poids du numérique dans les usages quotidiens. Selon PwC, l’Afrique du Sud fait partie, avec le Nigeria et le Kenya, des principaux marchés africains de l’économie des médias et du divertissement. La vidéo représente notamment une part importante de la consommation de données dans le pays.
Le pays se distingue également sur le marché payant des contenus pour adultes. Des données portant sur les dépenses OnlyFans en 2025 placent l’Afrique du Sud nettement devant les autres pays africains, avec environ 32 millions de dollars dépensés sur la plateforme cette année-là.
Nigeria, un marché porté par le mobile
Avec sa population de plus de 200 millions d’habitants et son important nombre d’internautes, le Nigeria représente un autre marché majeur du continent.
Les données de trafic publiées en 2025 montrent la présence de plateformes pour adultes parmi les sites les plus visités du pays. En mai 2025, Xvideos aurait ainsi enregistré plus de 56 millions de visites au Nigeria, selon des données SEMrush compilées par Statisense et rapportées par Nigerian Tribune.
Ces chiffres ne permettent pas de déterminer combien de personnes consomment effectivement des contenus pornographiques, ni la fréquence de cette consommation. Ils donnent cependant une indication de l’importance du trafic généré par ces plateformes.
L’Égypte, un poids important en Afrique du Nord
En Afrique du Nord, l’Égypte apparaît également parmi les marchés enregistrant un trafic conséquent.
Les données de mai 2025 citées par Nigerian Tribune faisaient état de près de 95 millions de visites sur Pornhub depuis l’Égypte au cours du mois, auxquelles s’ajoutaient environ 48,6 millions de visites sur Xnxx.
L’Égypte figurait par ailleurs encore dans le top 20 mondial des pays générant le plus de trafic vers Pornhub en 2025, selon le bilan annuel de la plateforme relayé par plusieurs médias.
Kenya : une consommation portée par l’essor du numérique
Le Kenya apparaît lui aussi régulièrement dans les données consacrées aux usages numériques et aux contenus pour adultes en Afrique.
Le pays connaît une forte progression de son économie numérique, portée notamment par le téléphone mobile. PwC classe le Kenya avec le Nigeria et l’Afrique du Sud parmi les marchés africains les plus dynamiques dans les médias et le divertissement. Le cabinet souligne notamment la progression rapide de la consommation de contenus numériques et des services de streaming.
Le Kenya est également cité dans plusieurs publications consacrées aux principaux marchés africains de contenus pour adultes. Il convient néanmoins de distinguer les données de trafic des données de consommation réelle.
Ghana, Maroc, Tunisie, Cameroun et Algérie suivent la dynamique
D’autres marchés apparaissent dans les données disponibles, notamment le Ghana, le Maroc, la Tunisie, le Cameroun et l’Algérie.
Le Maroc, la Tunisie et l’Algérie connaissent notamment une progression importante des dépenses consacrées aux contenus payants sur certaines plateformes. Les données OnlyFans disponibles pour 2025 indiquent une croissance particulièrement de ces trois marchés, même si leurs volumes restent différents de ceux de l’Afrique du Sud.
Cette évolution réflète un phénomène plus large. L’accès aux contenus pour adultes ne passe plus uniquement par les grands sites spécialisés. Les réseaux sociaux, les services de messagerie et les plateformes d’abonnement participent également à la circulation et à la monétisation de ces contenus.
Un classement à prendre avec précaution
Parler des « pays africains qui consomment le plus de pornographie » nécessite donc une certaine prudence. Les données disponibles ne mesurent pas toutes la même chose.
Un classement établi à partir du trafic sur Pornhub ne donnera pas nécessairement le même résultat qu’un classement basé sur les dépenses OnlyFans, le nombre de recherches Google ou le trafic rapporté à la population.
Les chiffres de trafic sont aussi fortement influencés par la taille de la population connectée. Un pays très peuplé et fortement connecté peut générer davantage de visites qu’un petit pays sans que cela signifie que ses habitants consomment davantage de contenus pour adultes individuellement.
L’Afrique du Sud, le Nigeria, l’Égypte et le Kenya apparaissent néanmoins régulièrement dans les données disponibles, tandis que plusieurs pays d’Afrique du Nord connaissent une progression sur les plateformes payantes. Le phénomène reste difficile à mesurer à l’échelle du continent, faute d’un observatoire africain permettant de comparer les usages selon des critères identiques.
