À quelques mois de la présidentielle de janvier, les autorités nigérianes veulent rassurer. Malgré la persistance des violences, l’inspecteur général de la police, Olatunji Disu, assure que les forces de sécurité sont capables de garantir un scrutin « sûr et sécurisé ».
Dans un entretien à l’AFP, le chef de la police reconnaît toutefois l’ampleur du défi. Le Nigeria, qui compte près de 240 millions d’habitants, fait face à plusieurs menaces, notamment l’insurrection jihadiste dans le Nord-Est, les enlèvements et attaques de groupes armés dans le Nord-Ouest et le Centre, les violences séparatistes dans le Sud-Est et les conflits entre agriculteurs et éleveurs.
Selon l’ONG Acled, le pays connaît actuellement sa période la plus violente depuis près de trois décennies. « Nous savons où nous devons nous attendre à des actes de banditisme. Nous connaissons les foyers d’insurrection », affirme Disu, tout en reconnaissant que les forces de l’ordre paient un lourd tribut : « Nous perdons des policiers tous les jours ».
La police fédérale souhaite porter ses effectifs de 300 000 à 350 000 agents. Elle mise également sur la technologie, avec notamment la formation de 25 policiers à l’utilisation des drones et le recours à l’intelligence artificielle pour analyser les données et anticiper certaines évolutions de la criminalité.
Des formations spécifiques sont aussi prévues pour préparer les forces de sécurité à la période électorale.
La police d’État fait débat
Le président Bola Tinubu soutient parallèlement une réforme permettant aux 36 États de la fédération de créer leur propre police. Ses défenseurs estiment qu’une force plus proche des populations serait mieux adaptée aux réalités locales.
Mais le projet inquiète ses détracteurs, qui redoutent une instrumentalisation politique par les gouverneurs, notamment en période électorale. Disu assure que la police fédérale conserverait ses fonctions de supervision et que les formations resteraient harmonisées au niveau national.
À l’approche du scrutin, les autorités devront donc relever un double défi : sécuriser les électeurs dans les zones touchées par les violences et restaurer la confiance dans les forces de l’ordre.
