Dakar s’est retrouvée sous les eaux après les fortes pluies qui se sont abattues sur la capitale sénégalaise dimanche 4 octobre. Au moins quatre personnes ont perdu la vie dans plusieurs quartiers, tandis que plus de 140 millimètres de pluie ont été enregistrés en 24 heures à certains endroits. Des rues inondées, des murs effondrés et des véhicules immobilisés ont perturbé une partie de la vie quotidienne jusqu’au lundi soir.
La ville de Dakar a fait part de sa « profonde tristesse » après les décès enregistrés à Grand-Yoff, Hann Bel Air et aux Parcelles Assainies. Plusieurs quartiers restent confrontés à d’importantes difficultés d’évacuation des eaux.
À Ngor-les Almadies, dans un secteur résidentiel de la capitale, l’eau a atteint les genoux dans certaines rues. Pierre Kampeli Mendi tente, avec plusieurs voisins, de dégager une bouche d’égout obstruée par des déchets. « Nous sommes en train de tant bien que mal essayer d’évacuer l’eau depuis hier soir, vu que ça perturbe même notre lieu de travail », témoigne-t-il.
À quelques mètres, la voiture de Camara Abdoulaziz est restée prisonnière des eaux depuis dimanche. Le chauffeur déplore l’ampleur de la situation et l’aide apportée par les seuls habitants du quartier pour tenter de dégager son véhicule. « C’est hallucinant. Ce sont les résidents du quartier qui nous aident. Sans leur aide, on n’aurait même pas pu voir la voiture, avec toute l’eau », raconte-t-il. Selon lui, des canalisations mieux fonctionnelles auraient permis de limiter les dégâts.
Un problème qui se répète
Pour les habitants, ces inondations ne constituent pas un phénomène nouveau. À chaque épisode de fortes précipitations, la capacité d’évacuation du réseau atteint rapidement ses limites. « Nous avons l’habitude, presque chaque année, le canal peine à évacuer l’eau », déplore Pierre Kampeli Mendi.
Dans le quartier, les conséquences dépassent les seules difficultés de circulation. Melissa, décoratrice dans l’événementiel, explique ne plus pouvoir accéder à certains biens nécessaires à son activité.
« C’est honteux que les évacuations soient bouchées, que ce soit compliqué de passer, qu’il y ait de l’eau partout. Cela bloque tout ! », dénonce-t-elle. Entre les véhicules immobilisés, les maisons difficiles d’accès et les activités professionnelles perturbées, les pertes économiques commencent aussi à se faire sentir.
La capitale n’est pas la seule zone affectée par les intempéries. Matam, Touba et Kaolack, dans le centre du Sénégal, ont également connu des inondations.
Alors que plusieurs quartiers de Dakar restent difficiles d’accès, de nouvelles précipitations sont annoncées. Les autorités doivent donc faire face à une situation qui met une nouvelle fois en évidence la vulnérabilité de certaines zones urbaines face aux fortes pluies.
