Le bras de fer institutionnel se poursuit au Sénégal après la décision du Conseil constitutionnel d’annuler la révision constitutionnelle portée par l’Assemblée nationale. Après une première réaction prudente, le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, a décidé de rappeler les députés à la mobilisation.
Dans un premier temps, la deuxième personnalité de l’État avait reconnu que la décision du Conseil constitutionnel « s’impose à tous », conformément aux principes institutionnels. Mais quelques heures plus tard, il a convoqué une réunion d’urgence du bureau de l’Assemblée nationale prévue ce vendredi à 15 heures, selon des informations rapportées par Les Échos.
Cette initiative a vu le jour alors que les députés sont officiellement en vacances parlementaires depuis le 30 juin. La convocation surprise alimente les spéculations sur une possible reprise des travaux à travers l’organisation d’une session extraordinaire.
Une nouvelle étape dans le bras de fer institutionnel
L’annulation de la loi n°18/2026 par le Conseil constitutionnel a stoppé la réforme constitutionnelle adoptée par les parlementaires le 29 juin. Les juges ont estimé que la procédure d’adoption comportait des irrégularités, notamment concernant les règles de recevabilité financière et l’application du mécanisme du vote bloqué.
Si une session extraordinaire venait à être convoquée, elle pourrait permettre aux députés de reprendre l’examen du texte en tenant compte des observations formulées par la haute juridiction.
Cette éventualité risque de ranimer les friction entre le Parlement, présidé par Ousmane Sonko, et le pouvoir exécutif du président Bassirou Diomaye Faye. La relation entre les deux anciens alliés du Pastef se dégrade de jour en jour.
Vers une nouvelle confrontation politique ?
La décision d’Ousmane Sonko de réunir le bureau de l’Assemblée nationale est donc scrutée avec attention. Cette décision pourrait ouvrir une nouvelle séquence politique au Sénégal, avec des rapports de force inédits entre les institutions.
Pour l’heure, aucune confirmation officielle n’a été donnée sur la tenue d’une session extraordinaire ni sur l’ordre du jour précis de cette éventuelle reprise parlementaire.
