Soudan du Sud : Salva Kiir dissout le gouvernement d’union nationale

À trois mois des premières élections générales de l’histoire du Soudan du Sud, Salva Kiir recompose son gouvernement. Le chef de l’État a mis fin au mandat de l’exécutif d’union nationale en place depuis 2020, ce qui ouvre une nouvelle séquence politique à l’approche du scrutin annoncé pour le 22 décembre.

Cette décision a été prise après l’adoption, le 21 septembre, d’une réforme du code électoral donnant au président le pouvoir de dissoudre le gouvernement tout en conservant son propre mandat. Salva Kiir assure que cette mesure ne remet pas en cause l’accord de paix conclu en 2018 pour mettre fin au conflit qui oppose depuis 2013 les forces gouvernementales et celles de son rival historique, Riek Machar.

La décision marque également un nouveau tournant dans le bras de fer entre Salva Kiir et Riek Machar. L’ancien chef rebelle, qui occupait depuis 2020 l’un des postes de vice-président dans le cadre de l’accord de paix, a été définitivement relevé de ses fonctions.

Placé en résidence surveillée à Juba depuis mars 2025, Riek Machar reste l’une des principales figures de l’opposition au président sud-soudanais. Quatre autres vice-présidents représentant différentes composantes politiques ont également été écartés de l’exécutif.

Dans la soirée du 22 septembre, un nouvel exécutif intérimaire de 13 membres a été nommé. Sa principale mission sera de conduire les institutions jusqu’aux élections de décembre et de préparer leur organisation.

Une transition sous haute surveillance

À Juba, cette recomposition tombe dans un contexte particulièrement sensible. Le déploiement d’un important dispositif sécuritaire dans la capitale illustre les tensions qui entourent le processus électoral.

Les organisations de la société civile et les défenseurs des droits humains redoutent notamment que les incertitudes politiques et sécuritaires ne compromettent la tenue du scrutin. Lors d’une visite effectuée en août, la Commission des droits de l’homme des Nations unies avait averti que des élections organisées sans garanties suffisantes pourraient contribuer à une nouvelle dégradation de la situation.

Pour Salva Kiir, l’enjeu est désormais de préserver l’accord de paix tout en conduisant le pays vers son premier rendez-vous électoral depuis son indépendance en 2011. Une équation délicate dans un pays où les rivalités entre les deux principaux camps politiques restent profondément ancrées.

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