L’Assurance maladie souhaite franchir une nouvelle étape dans la lutte contre le tabagisme. Dans son rapport annuel publié ce jeudi 2 juillet, elle recommande d’interdire définitivement la vente de cigarettes aux personnes nées après 2009 afin de faire émerger une « génération sans tabac ».
Cette mesure empêcherait ces personnes d’acheter légalement des cigarettes tout au long de leur vie. L’objectif affiché consiste à réduire durablement le nombre de fumeurs dans le pays et à prévenir les maladies liées au tabac.
Le directeur général de l’Assurance maladie, Thomas Fatôme, estime que la France pourrait s’inspirer d’expériences déjà mises en œuvre à l’étranger. Il a notamment cité le Royaume-Uni, devenu, après l’Australie, le deuxième pays à adopter une telle orientation.
« Il n’y a pas de raison d’être plus bêtes » que ces pays, a déclaré Thomas Fatôme, rappelant que malgré les hausses successives du prix des cigarettes et les avertissements sanitaires sur les paquets, la France compte encore près de 11 millions de fumeurs quotidiens, selon les données de Santé publique France.
Le rapport formule également d’autres recommandations destinées à améliorer la santé publique. L’Assurance maladie propose notamment de rendre obligatoire l’affichage du Nutri-Score sur tous les produits alimentaires emballés et d’y ajouter une information sur leur niveau d’ultratransformation afin de mieux orienter les consommateurs.
L’organisme recommande aussi de rendre obligatoire le port du casque à vélo et sur les engins de déplacement personnel motorisés pour les personnes de plus de 12 ans, afin de réduire le nombre d’accidents, en hausse ces dernières années.
Le lancement d’une vaste campagne de vaccination figure également parmi les priorités annoncées contre les infections à pneumocoques chez les personnes âgées de plus de 65 ans. Aujourd’hui, moins d’un senior sur cinq est vacciné, alors que ces infections représentent un coût annuel estimé entre 2,7 et 3,4 milliards d’euros.
Selon l’Assurance maladie, l’ensemble de ces mesures pourrait permettre de réaliser près de 3,9 milliards d’euros d’économies chaque année, dans un contexte où son déficit devrait atteindre 13,8 milliards d’euros en 2026 avant de continuer à se creuser au cours des années suivantes.
