Santé : une sortie culturelle par semaine pourrait ralentir le vieillissement biologique

Et si aller au musée, chanter, peindre ou simplement participer régulièrement à une activité culturelle contribuait à mieux vieillir ? Une étude britannique menée auprès de plus de 3 500 adultes suggère qu’une pratique culturelle au moins hebdomadaire serait associée à un âge biologique inférieur d’environ un an et à un ralentissement de 4 % du rythme de vieillissement.

Les travaux ont été réalisés par des chercheurs de l’University College London et publiés le 11 mai 2026 dans la revue Innovation in Aging. L’équipe a analysé les données de santé de plus de 3 500 adultes britanniques afin d’étudier le lien entre leurs habitudes culturelles et certains marqueurs du vieillissement biologique.

Les activités prises en compte étaient variées. Elles comprenaient notamment les visites de musées ou de bibliothèques, les expositions, la peinture, le chant ou encore certaines activités manuelles.

Pour évaluer le vieillissement biologique des participants, les scientifiques ont utilisé des « horloges épigénétiques ». Ces outils analysent notamment certaines modifications chimiques de l’ADN afin d’estimer l’âge biologique d’une personne et son rythme de vieillissement.

Un an de moins sur l’horloge biologique

Les résultats montrent une différence entre les personnes ayant une activité culturelle au moins une fois par semaine et celles qui en pratiquent moins régulièrement.

Avec l’horloge PhenoAge, les participants les plus actifs sur le plan culturel présentaient en moyenne un âge biologique inférieur d’environ un an.

Une autre mesure, appelée DunedinPACE, s’intéresse non pas à l’âge biologique atteint, mais à la vitesse à laquelle une personne vieillit. Selon cet indicateur, une pratique culturelle hebdomadaire était associée à un ralentissement du rythme de vieillissement d’environ 4 %.

Ces résultats sont présentés par Feifei Bu, épidémiologiste à l’University College London et coautrice de l’étude, comme un nouvel élément en faveur d’un lien entre activités culturelles et vieillissement biologique.

Un mécanisme qui pourrait passer par le stress

Les chercheurs avancent plusieurs pistes pour expliquer cette association. Les activités artistiques et culturelles ont déjà été associées à une diminution du stress et de l’inflammation, deux facteurs susceptibles d’avoir une influence sur la santé à long terme.

Elles sont également étudiées pour leurs effets sur la santé cardiovasculaire et la santé mentale. Pour Daisy Fancourt, épidémiologiste à l’University College London, ces pratiques pourraient ainsi être considérées comme des comportements favorables à la santé, au même titre que l’activité physique.

Cette approche rejoint d’ailleurs le concept d’« ordonnance culturelle », qui consiste à orienter certaines personnes vers des activités artistiques ou culturelles dans le cadre d’une démarche de santé. Des expérimentations de ce type existent déjà dans plusieurs pays.

Attention, l’étude ne prouve pas que l’art fait rajeunir

Les résultats doivent toutefois être interprétés avec prudence. L’étude est observationnelle. En effet, elle met en évidence une association entre une pratique culturelle régulière et certains marqueurs du vieillissement, mais ne permet pas de démontrer que les activités culturelles sont directement responsables du ralentissement observé.

Les personnes qui participent régulièrement à des activités culturelles peuvent aussi présenter d’autres caractéristiques favorables à leur santé, notamment sur les plans social, économique ou comportemental.

Autrement dit, l’étude ne permet pas encore d’affirmer qu’une visite hebdomadaire au musée fera réellement « gagner » un an d’âge biologique. Elle apporte néanmoins un nouvel argument en faveur de l’intérêt potentiel des activités culturelles pour la santé et le bien-être à long terme.

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