Harare fait face à une nouvelle hausse des inquiétudes autour des infections au VIH chez les jeunes. Selon les dernières données présentées par les autorités, plus de la moitié des nouvelles infections enregistrées chaque année dans la province concernent désormais les 15-24 ans.
La situation a été évoquée lors d’une réunion de sensibilisation organisée par le Conseil national de lutte contre le sida (NAC) à Mazowe, en présence de plusieurs responsables des administrations provinciales.
La province métropolitaine de Harare compte environ 195 429 personnes vivant avec le VIH, pour un taux de prévalence estimé à 8,4 %. Elle enregistre chaque année quelque 2 644 nouvelles infections. Parmi elles, 1 341 concernent des jeunes âgés de 15 à 24 ans, soit légèrement plus de la moitié du total.
Pour les autorités, ces chiffres justifient la mise en place de mesures davantage ciblées sur cette tranche d’âge. Le Dr Shingirayi Mushamba, secrétaire aux Affaires métropolitaines et provinciales et à la Décentralisation de Harare, estime que cette évolution constitue un signal d’alerte.
« Nous sommes très préoccupés car, malgré une baisse générale des cas de VIH et de tuberculose, notre analyse statistique révèle une augmentation des infections chez les 15-24 ans. C’est notre avenir qui est en jeu », a-t-il déclaré.
Renforcer la prévention auprès des jeunes
Le gouvernement entend renforcer les actions de sensibilisation dans les établissements scolaires et les communautés. Une collaboration doit notamment être mise en place avec les parents, les autorités locales, le ministère de la Santé et de la Protection de l’enfance ainsi qu’avec le Conseil national de lutte contre le sida.
Les autorités souhaitent également améliorer l’accès des jeunes aux dispositifs de prévention et aux services de santé adaptés.
Le directeur provincial du NAC à Harare, Adonijah Muzondiona, souligne de son côté que la capitale continue de concentrer la plus forte charge de VIH du Zimbabwe, notamment en raison de l’importance de sa population.
Les adolescentes et les jeunes femmes figurent parmi les groupes les plus touchés, selon les responsables sanitaires. Le NAC estime donc nécessaire d’intensifier la sensibilisation au niveau communautaire et de renforcer les actions de prévention afin de réduire le nombre de nouvelles infections.
Pour les autorités de Harare, l’enjeu consiste désormais à mieux adapter les programmes de lutte contre le VIH aux réalités des jeunes et à garantir un accès plus large aux services de prévention et d’accompagnement.
