Le pape Léon XIV ne mâche pas ses mots. En visite à Saurimo, en Angola, il a dénoncé sans ambages les dérives de l’exploitation et la corruption qui rongent le pays.
Accueilli dans une ferveur populaire impressionnante, le souverain pontife a parcouru cette ville enclavée de la province de Lunda-Sul, à plus de 800 kilomètres de Luanda. Dans cette région minière frappée par la pauvreté, le pape a multiplié les gestes de proximité, notamment auprès des personnes âgées vulnérables.
Point d’orgue de cette visite, une messe géante célébrée en plein air devant des dizaines de milliers de fidèles. Dans son homélie, Léon XIV a livré un réquisitoire ferme contre les injustices sociales. Son discours a été sans concession. Il a dénoncé des populations victimes de deux maux que sont : d’abord, l’exploitation par des tyrans ; ensuite, l’illusion d’une richesse qui les trompe. En toile de fond, des inégalités criantes, particulièrement dans les zones pourtant les plus dotées en ressources naturelles.
Le chef de l’Église catholique a également mis en garde contre les effets corrosifs de la corruption, qu’il qualifie de fléau à la fois moral et social. Selon lui, ces dérives compromettent non seulement la dignité humaine, mais aussi les perspectives de développement.
Au-delà du constat, le message se veut mobilisateur. Léon XIV appelle à bâtir une société plus juste, fondée sur le partage et la solidarité, dans un pays où une part importante de la population vit encore sous le seuil de pauvreté.
Cette visite s’inscrit dans une tournée africaine de grande ampleur, avec des étapes en Algérie et au Cameroun, avant une dernière escale en Guinée équatoriale. Un déplacement à forte portée symbolique, cinquante ans après l’indépendance de l’Angola, et dans un contexte où les attentes sociales restent immenses.

