La polémique autour de FIFA Forward Enterprise (FFE) prend une nouvelle dimension. Après les critiques formulées par l’UEFA, c’est désormais la CONCACAF, l’instance qui regroupe les fédérations d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes, qui exprime ses inquiétudes concernant le projet porté par le président de la FIFA, Gianni Infantino.
FIFA Forward Enterprise prévoit la création d’une structure destinée à gérer les droits commerciaux des principales compétitions de la FIFA, notamment la Coupe du monde masculine, la Coupe du monde féminine et d’autres grands tournois internationaux. Le projet prévoit également une possible ouverture du capital à des investisseurs privés, avec une participation minoritaire.
Selon la FIFA, cette réforme doit permettre de générer davantage de revenus afin d’augmenter les investissements dans le développement du football à travers le monde. Mais plusieurs confédérations craignent une transformation profonde du modèle de gouvernance actuel.
La CONCACAF dénonce un manque de concertation
Dans un communiqué, la CONCACAF affirme avoir découvert l’existence du projet à travers les médias avant de recevoir une communication officielle de la FIFA.
L’organisation déplore l’absence de discussions préalables avec les différentes parties prenantes et estime qu’une réforme d’une telle importance nécessite davantage de transparence.
« Nous sommes profondément préoccupés par le manque de procédure régulière », a déclaré la confédération, regrettant que des éléments importants du projet aient été rendus publics avant toute consultation avec les instances concernées.
La CONCACAF rappelle que la FIFA, les confédérations continentales et les fédérations nationales ont une responsabilité collective dans la gestion du football mondial. Selon elle, toute évolution stratégique doit s’appuyer sur des règles de gouvernance claires et une vision partagée.
Une opposition qui dépasse l’Europe
Jusqu’ici, l’UEFA était la principale organisation à critiquer les orientations prises sous la présidence de Gianni Infantino. L’instance européenne avait déjà exprimé des réserves sur plusieurs réformes, notamment l’élargissement de la Coupe du monde à 48 équipes, la nouvelle Coupe du monde des clubs et les changements du calendrier international.
Avec la prise de position de la CONCACAF, le débat prend une dimension plus large. Les inquiétudes ne concernent désormais plus uniquement les relations entre la FIFA et le football européen, mais touchent plusieurs continents.
Cette convergence pourrait compliquer l’adoption du projet si d’autres confédérations ou fédérations membres réclament également davantage d’explications et de garanties.
Infantino face à un défi de gouvernance
Pour la FIFA, FIFA Forward Enterprise représente une opportunité stratégique pour accroître les ressources financières de l’organisation et renforcer les aides destinées aux fédérations nationales.
Mais ses opposants mettent en avant une autre question centrale : celle de la gouvernance et du contrôle d’une structure qui pourrait modifier durablement le fonctionnement économique du football mondial.
Les prochaines discussions au sein des instances dirigeantes de la FIFA seront déterminantes pour savoir si Gianni Infantino parviendra à convaincre les confédérations de soutenir son projet ou si FIFA Forward Enterprise continuera d’alimenter les tensions autour de l’avenir du football international.
