Lors d’une attaque menée dans le sud de la Libye, l’armée nationale libyenne (ANL) déplore un mort dans ses rangs et indique qu’elle a fait des prisonniers parmi ses adversaires. L’opération a été menée par les unités d’élite de l’ANL, directement supervisées par le maréchal Saddam Haftar, vice-dirigeant de cette armée, selon un communiqué officiel qui précise que l’attaque a été rendue possible grâce à un travail minutieux de renseignement.
L’opération a permis de libérer les 22 soldats de l’ANL emprisonnés par les « révolutionnaires du sud libyen ». L’armée nationale libyenne revendique avoir visé des « terroristes », des « mercenaires » et des « gangs de Tchadiens ».
« Nous ne sommes ni des gangs, ni des mercenaires. Nous sommes les enfants du sud », a indiqué à RFI Mohamad Wardagou, dirigeant du groupe armé. Les « révolutionnaires du sud libyen », soutenus par Tripoli, ont déjà revendiqué deux attaques contre l’ANL depuis fin janvier. Ils accusent les forces de Haftar de diriger la contrebande d’essence et d’or à travers le triangle frontalier dit « Salvador ».
Le groupe dirigé par Mohamad Wardagou, un Toubou de Mourzouk, affirme que les frontières avec le Niger et l’Algérie sont toujours fermées. Il soutient avoir procédé lui-même à la libération des soldats de l’ANL, avant les affrontements, parce qu’ils « sont tous des fils du Sud du pays » et « pour qu’ils puissent faire le ramadan avec leurs familles ». Ce groupe reconnaît par ailleurs avoir perdu deux de ses hommes et que d’autres, sans en préciser le nombre, ont été faits prisonniers par l’ANL.
Selon nos informations, la force mixte tchado-libyenne formée en octobre dernier « pour contrôler et sécuriser les frontières au sud » a été activée dimanche 22 février, et une chambre d’opération commune a alors été inaugurée. Soixante véhicules armés flambant neufs sont sortis de l’aéroport de Waw pour se diriger vers la frontière avec le Niger. C’est cette force qui a mené l’attaque.
Des experts libyens soutiennent que ce groupe profite également du trafic transfrontalier et qu’une forte concurrence s’est installée avec la brigade Souboul al Salam, de l’ANL, active dans le désert et accusée de trafic par l’ONU.
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