En France, le député UDR Charles Alloncle estime que l’audiovisuel public est en « crise » financière et administrative. Dans son rapport issu des travaux de la commission d’enquête sur le secteur, publié ce mardi, il dénonce également une « perte de contact avec les attentes des Français ». Ces derniers mois, la commission d’enquête a fait couler beaucoup d’encre. Entre passes d’armes entre le rapporteur et les personnes auditionnées, et polémiques sur la publication du document, les tensions n’ont cessé de monter.
Publié ce mardi, le rapport de Charles Alloncle n’est pas tendre avec France Télévisions. « Il semblerait, en synthèse, que notre audiovisuel public soit inadapté aux enjeux de notre époque », écrit-il. Il préconise alors une « refonte totale ou partielle du fonctionnement des grandes entités du secteur, à commencer par France Télévisions et Radio France ». Le député UDR dénonce également « un certain nombre de dysfonctionnements, dont le plus grave est sans équivoque le désengagement des autorités de tutelle et de contrôle, lequel a permis les dérives de ce service public ». Il vise par là l’État et la Cour des comptes.
Près de 80 recommandations choc
Charles Alloncle formule près de 80 recommandations, qui soumettraient en particulier France Télévisions à une cure d’austérité. Parmi ses propositions phares, la suppression de France 4 et la fusion de France 2 et France 5. Un rapport très critiqué par la gauche et les députés du bloc central, qui accusent l’élu ciottiste de vouloir affaiblir l’audiovisuel public.
Du côté de France Télévisions, la présidente Delphine Ernotte a rapidement réagi sur ses réseaux sociaux, dénonçant un rapport « à charge » visant un « affaiblissement historique ». « Une vision de la télévision publique élitiste, éloignée des familles et des publics les plus populaires », a-t-elle taclé. Dans la foulée, le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a promis qu’il engagerait « la privatisation de l’audiovisuel public » s’il accède au pouvoir.

