Le débat sur l’immigration continue de diviser la société française. Selon un sondage publié ce jeudi par l’Institut CSA pour CNEWS, Europe 1 et le JDD, 59 % des Français se déclarent favorables à l’arrêt du regroupement familial en France, un dispositif instauré il y a cinquante ans.
Mis en place le 29 avril 1976 sous le gouvernement de Jacques Chirac, alors Premier ministre de Valéry Giscard d’Estaing, le regroupement familial permet à un étranger résidant légalement en France de faire venir les membres de sa famille. Aujourd’hui encore, ce mécanisme représente une part importante de l’immigration légale.
Selon les chiffres du ministère français de l’Intérieur, 96.610 personnes sont entrées en France en 2024 dans le cadre du regroupement familial, sur un total de 344.406 admissions légales. Les autorités précisent que ce motif reste stable depuis plusieurs années et constitue la première cause de délivrance de titres de séjour.
Le sondage révèle toutefois une progression du rejet du dispositif. En un peu plus d’un an, la proportion de Français souhaitant sa suppression est passée de 57 % à 59 %. Les hommes apparaissent plus favorables à cette mesure que les femmes, avec respectivement 63 % contre 55 %.
L’étude met également en lumière une forte opposition chez les jeunes. Les 18-24 ans sont 76 % à souhaiter l’arrêt du regroupement familial. Ce taux atteint 66 % chez les moins de 35 ans, avant de diminuer légèrement chez les catégories plus âgées.
Le clivage politique reste particulièrement marqué. Les sympathisants de La France insoumise soutiennent majoritairement le maintien du dispositif, tout comme ceux des Les Écologistes et du Parti socialiste. À droite, les électeurs des Républicains et du Rassemblement national se montrent largement favorables à sa suppression.
Malgré cette opinion majoritaire, une remise en cause du regroupement familial reste juridiquement complexe. Plusieurs spécialistes rappellent que ce droit bénéficie désormais d’une protection constitutionnelle et européenne, rendant toute suppression difficile à mettre en œuvre.
