Au Kenya, Emmanuel Macron annonce une rupture avec la logique du « pré carré » africain

En déplacement au Kenya dans le cadre du sommet Africa Forward, Emmanuel Macron a affirmé dimanche 10 mai que l’ère du « pré carré » français en Afrique appartenait désormais au passé. Une déclaration forte, prononcée à Nairobi aux côtés du président kényan William Ruto, qui marque une nouvelle étape dans la redéfinition des relations entre Paris et le continent africain.

Au deuxième jour de sa tournée africaine, après une escale en Égypte, le chef de l’État français a défendu une vision renouvelée du partenariat entre la France et l’Afrique, fondée sur la souveraineté des États et une coopération qu’il veut désormais « équilibrée ».

« C’est fini », a-t-il insisté, en référence à une époque où la France était accusée de considérer l’Afrique francophone comme une zone d’influence privilégiée, où ses entreprises bénéficiaient d’avantages implicites et où Paris pouvait peser sur les équilibres politiques locaux.

Pour Emmanuel Macron, cette rupture remonte à son arrivée au pouvoir en 2017. Il a rappelé que la France n’entendait plus intervenir pour « faire ou défaire les gouvernements », citant notamment le retrait militaire du Mali après la prise de pouvoir des autorités de transition. « Vous ne voulez plus de la France ? On s’en va », a-t-il lancé, dans une formule volontairement directe.

Le choix du Kenya, pays anglophone, pour accueillir le sommet Africa Forward n’est pas anodin. Il symbolise la volonté affichée de Paris de dépasser le cadre traditionnel de l’Afrique francophone pour construire un dialogue à l’échelle de tout le continent.

Au-delà de l’Afrique, Emmanuel Macron a également évoqué plusieurs dossiers diplomatiques sensibles. Il a exprimé son souhait d’une « relation apaisée et constructive » avec l’Algérie, après de longs mois de tensions, saluant les premiers signes d’une reprise du dialogue entre les deux pays.

Sur le dossier du Moyen-Orient, le président français a tenu à clarifier la position de Paris face aux tensions dans le détroit d’Ormuz. Il a assuré que la France n’avait « jamais envisagé » un déploiement militaire offensif, mais préparait, avec le Royaume-Uni et plusieurs partenaires internationaux, une mission destinée à sécuriser la reprise du trafic maritime.

À Nairobi, Emmanuel Macron cherche ainsi à repositionner la France moins influente, mais plus partenariale ; moins interventionniste, mais toujours présente sur les grands équilibres internationaux.

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