Cameroun : Yaoundé dénonce l’utilisation frauduleuse de son pavillon par un pétrolier lié à la flotte fantôme russe

Le gouvernement camerounais a fermement réagi après l’interception du pétrolier Tagor, un navire soupçonné d’appartenir à la « flotte fantôme » utilisée pour contourner les sanctions occidentales contre les exportations de pétrole russe.

Le bâtiment a été arraisonné fin mai par la marine française au large de la Bretagne alors qu’il était suspecté de participer à des opérations maritimes illicites destinées à échapper aux restrictions internationales.

Dans un communiqué publié le 8 juin, le ministre camerounais des Transports, Jean Ernest Masséna Ngallè Bibehe, a condamné « avec vigueur » l’utilisation abusive des attributs de la nationalité camerounaise.

Les autorités assurent que le Tagor ne figure dans aucun registre officiel autorisant un navire à battre pavillon camerounais.

Selon Yaoundé, il s’agit d’un nouveau cas d’usurpation de pavillon, une pratique qui consiste à utiliser frauduleusement l’immatriculation d’un État afin de masquer l’identité réelle d’un navire et ses activités.

Des cas de fraude maritime de plus en plus fréquents

Cette affaire n’est pas isolée. Le Cameroun avait déjà publié plusieurs démentis similaires en février et en mai 2026 concernant d’autres navires suspectés d’utiliser illégalement son pavillon.

Face à ces incidents répétés et aux pressions de la communauté internationale, les autorités avaient décidé de suspendre leur registre international maritime, évoquant « plusieurs cas d’immatriculations frauduleuses ».

Le gouvernement camerounais affirme poursuivre un vaste processus de modernisation et d’assainissement de son système d’immatriculation des navires. Yaoundé réaffirme également son engagement à respecter ses obligations internationales en matière de sécurité maritime, de sûreté et de gouvernance des espaces maritimes.

Cette affaire tombe au moment où les pays occidentaux intensifient leur contrôle des navires qui appartiendraient à la flotte fantôme russe. Ce réseau maritime est accusé de permettre l’exportation de pétrole russe, malgré les sanctions en vigueur depuis plusieurs années.

Pour les autorités camerounaises, il est désormais essentiel de dissiper toute confusion et de préserver la crédibilité du pavillon national sur la scène maritime internationale.

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