RDC : la police disperse une manifestation de l’opposition contre le projet de révision de la Constitution

La tension politique monte en République démocratique du Congo. Ce vendredi 12 juin, les forces de l’ordre ont dispersé un sit-in organisé à Kinshasa par la plateforme d’opposition C64, qui proteste contre le projet de modification de la Constitution soutenu par la majorité présidentielle.

Les organisateurs avaient prévu de manifester devant le siège du Parlement. Les autorités ont toutefois interdit ce rassemblement dans cette zone qu’elles considèrent comme « inviolable » et ont proposé un autre lieu. Refusant cette délocalisation, les leaders de l’opposition ont maintenu leur initiative, provoquant une confrontation avec les forces de sécurité.

Dès les premières heures de la matinée, un important dispositif policier a été déployé autour du Parlement, avec des camions anti-émeutes et plusieurs centaines d’agents. Des éléments militaires étaient également visibles dans le secteur.

Selon les témoignages recueillis sur place, l’ambiance est restée calme durant plusieurs heures avant de se dégrader lorsque plusieurs figures de l’opposition, don’t Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund et Delly Sessanga, ont tenté de marcher en direction du Parlement à la tête de leurs partisans.

Des échanges de projectiles et de gaz lacrymogènes ont alors éclaté entre manifestants et policiers. Plusieurs personnes ont été blessées au cours des incidents, parmi lesquelles Martin Fayulu, légèrement touché dans la cohue. Des interpellations ont également été signalées. Des pneus incendiés sur le boulevard Lumumba ont contribué à accentuer la confusion, tandis qu’une épaisse fumée séparait les deux camps.

À l’origine de cette mobilisation se trouve l’adoption, le 9 juin, par l’Assemblée nationale, d’une proposition de loi relative à l’organisation d’un référendum. Le texte a été approuvé par une très large majorité des députés et est considéré comme une étape essentielle dans l’hypothèse d’une révision constitutionnelle.

L’opposition accuse le président Félix Tshisekedi de vouloir ouvrir la voie à un maintien au pouvoir au-delà de 2028, date à laquelle son deuxième et dernier mandat prévu par la Constitution actuelle doit prendre fin. La majorité présidentielle rejette ces accusations.

La veille de cette manifestation, l’ancien président Joseph Kabila est également intervenu dans le débat en publiant un message appelant les Congolais à rester vigilants face à toute atteinte aux libertés publiques. Citant l’article 64 de la Constitution, il a invité les citoyens à se mobiliser pour défendre l’ordre constitutionnel.

Même s’il affirme s’exprimer en tant qu’ancien chef d’État et non au nom de son parti, ses proches reconnaissent qu’il soutient les initiatives de la plateforme C64. Cette prise de position intervient alors que plusieurs de ses anciens collaborateurs demeurent détenus et que son parti fait l’objet de restrictions de la part des autorités.

La mobilisation de l’opposition et la réponse des autorités témoignent d’un climat politique de plus en plus tendu autour de la question d’une éventuelle réforme constitutionnelle en RDC.

Rejoignez notre chaîne WhatsApp et recevez l’actualité en temps réel.

Partager :

Plus d'actualités

Articles Populaires