Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a tenu à préciser sa position concernant les rapports entre l’Assemblée nationale et l’exécutif. Il rejette l’idée d’un « chèque en blanc » accordé au président de la République et au gouvernement.
Dans une déclaration remarquée, Ousmane Sonko a expliqué que la majorité parlementaire n’entend pas entraver l’action du gouvernement par des considérations politiques. Selon lui, l’objectif n’est pas de recourir à la censure pour régler des comptes ou fragiliser l’exécutif, mais de privilégier la stabilité et l’intérêt national dans un contexte où le pays fait face à de nombreux défis.
« Nous ne sommes pas là pour entraver l’action de l’exécutif », a-t-il affirmé. Il a rappelé que la censure demeure une prérogative constitutionnelle de l’Assemblée nationale. Il a toutefois précisé qu’aucune situation ne justifie actuellement une telle démarche, car le gouvernement vient à peine d’être installé.
Le chef du gouvernement a insisté sur la nécessité pour chaque institution de respecter les missions que lui confère la Constitution. Il a rappelé que l’exécutif est chargé de définir et de mettre en œuvre la politique de la Nation, tandis que l’Assemblée nationale vote les lois, contrôle l’action gouvernementale et veille à la bonne exécution des politiques publiques.
Pour Ousmane Sonko, le bon fonctionnement des institutions ne repose pas nécessairement sur des relations personnelles harmonieuses entre les responsables politiques, mais sur le respect des règles démocratiques et constitutionnelles.
Le Premier ministre s’est également exprimé sur la question du recours aux ordonnances présidentielles prévues par l’article 52 de la Constitution. Il a souligné qu’il s’agit d’un mécanisme strictement encadré et réservé à des circonstances particulières. Selon lui, cette procédure ne réduit pas les pouvoirs du Parlement, puisque les actes pris par le président doivent être soumis à l’approbation de l’Assemblée nationale dans un délai de quinze jours.
À travers cette mise au point, Ousmane Sonko cherche à rassurer sur l’équilibre institutionnel au Sénégal. Il réaffirme la volonté de la majorité parlementaire de privilégier la coopération institutionnelle sans renoncer à ses missions de contrôle.
