La cybercriminalité, première source de blanchiment au Bénin selon le président de la CRIET

Au Bénin, le président de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), Édouard Cyriaque Dossa, a mis en garde contre l’ampleur croissante du blanchiment de capitaux. Dans un entretien accordé au quotidien La Nation, le magistrat a détaillé les sanctions encourues par les auteurs de ces infractions et les défis qui attendent le pays avant l’évaluation internationale prévue en 2028.

Selon le président de la CRIET, le blanchiment de capitaux ne concerne plus uniquement les revenus issus du trafic de stupéfiants. Les réformes juridiques successives ont élargi le champ des infractions susceptibles de générer des fonds illicites, englobant désormais de nombreuses formes de criminalité économique.

Parmi les principales sources de revenus blanchis, la cybercriminalité occupe aujourd’hui une place centrale. Edouard Cyriaque Dossa cite également les actes de corruption et les détournements de deniers publics parmi les infractions les plus fréquemment associées aux mécanismes de blanchiment. À l’en croire, les affaires liées au trafic de drogue représentent désormais une part moins importante des dossiers examinés par la juridiction spécialisée.

Le magistrat rappelle que la loi prévoit des sanctions sévères contre les personnes reconnues coupables de blanchiment de capitaux. Les peines peuvent aller de trois à sept ans d’emprisonnement, assorties d’amendes calculées en fonction des profits tirés des activités illicites. À ces sanctions s’ajoutent des mesures de confiscation pouvant viser aussi bien les biens directement liés à l’infraction que d’autres éléments du patrimoine du condamné.

Au-delà des conséquences judiciaires, le président de la CRIET estime que le blanchiment d’argent constitue une menace pour l’image et la crédibilité d’un pays auprès de ses partenaires internationaux. Il plaide pour un renforcement de la formation des acteurs concernés, une meilleure production de statistiques et une coopération accrue entre les États.

Cette mobilisation apparaît d’autant plus importante que le Bénin sera évalué en 2028 par le Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA). Cette échéance permettra de mesurer l’efficacité du dispositif national de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

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