La Guinée passe à la vitesse supérieure dans la valorisation de ses ressources minières. Le président Mamadi Doumbouya, a annoncé l’interdiction de l’exportation de l’or brut produit sur le territoire national. Cette mesure, dévoilée le 19 juin 2026, vise à encourager la transformation locale du métal précieux afin d’accroître les retombées économiques pour le pays.
À travers cette décision, les autorités guinéennes souhaitent mettre fin à la sortie de l’or à l’état brut et favoriser son raffinage sur place. Selon le chef de l’État, les richesses minières du pays doivent davantage contribuer au développement national et générer une plus grande valeur ajoutée au profit des populations.
Cette réforme s’inscrit dans la stratégie de reprise en main du secteur minier engagée depuis plusieurs mois par le gouvernement. Dans cette dynamique, Mamadi Doumbouya a également annoncé la prochaine mise en service de la Nimba Gold Refinery, présentée comme la première raffinerie d’or du pays. Cette infrastructure devrait permettre à la Guinée de traiter localement une partie importante de sa production aurifère.
Toutefois, la mise en œuvre de cette mesure s’annonce complexe. Une large part de l’or guinéen provient de l’exploitation artisanale, particulièrement développée dans la région de Siguiri, proche des frontières du Mali et de la Côte d’Ivoire. Des milliers d’orpailleurs exercent dans cette zone, souvent en dehors des circuits formels de commercialisation.
Les chiffres du ministère des Mines réflètent l’ampleur du défi. En 2025, près de 50 tonnes d’or issues de l’exploitation artisanale ont été exportées, contre seulement 22 tonnes provenant du secteur industriel. Pour les spécialistes du secteur, le principal enjeu consiste désormais à intégrer cette production artisanale dans les circuits officiels de transformation.
Selon Oumar Totiya Barry, directeur de l’Observatoire guinéen des mines et des métaux, le succès de la réforme dépendra de la capacité des autorités à renforcer le contrôle des frontières et à adapter le cadre réglementaire qui encadre les activités des compagnies minières.
Avec cette nouvelle orientation, la Guinée affiche clairement son ambition de tirer davantage profit de son immense potentiel minier et de faire de la transformation locale un levier de croissance économique.
