Cotonou accueille la 5e édition de l’École d’été sur les méthodologies du développement, après Abidjan, Ouagadougou et Dakar. Organisée à l’initiative de l’Agence française de développement (AFD), cette rencontre a été officiellement lancée ce mardi 7 juillet 2026 dans la capitale économique béninoise.
Pendant cinq jours, chercheurs, responsables publics et partenaires techniques prennent part à des échanges consacrés aux méthodes d’évaluation d’impact des politiques publiques. L’objectif est de renforcer les compétences des acteurs africains afin de favoriser la conception de programmes de développement davantage appuyés sur des données scientifiques.
Au programme de cette école figurent des conférences, des ateliers pratiques ainsi que des sessions de formation dédiées aux outils d’analyse et d’évaluation. Les participants auront ainsi l’occasion d’approfondir leurs connaissances sur les approches permettant de mesurer l’efficacité des actions publiques.
Avec l’accueil de cette édition, le Bénin s’affirme comme un cadre de réflexion sur la promotion d’une gouvernance publique fondée sur les preuves et l’exploitation des données fiables dans la prise de décision.
Lors de la cérémonie d’ouverture, la directrice de l’Agence française de développement au Bénin, Laure Weisgerber, a souligné l’importance de disposer de politiques publiques mieux évaluées face aux défis auxquels les pays africains sont confrontés. Elle a notamment cité les enjeux liés au changement climatique, à l’emploi des jeunes, à l’urbanisation et à la cohésion sociale.
Pour elle, l’évaluation ne doit pas être perçue uniquement comme un mécanisme de contrôle, mais comme un outil d’apprentissage permettant d’améliorer la qualité et l’impact des interventions publiques.
Le directeur exécutif de J-PAL Europe, Cillian Nolan, a également insisté sur le rapprochement nécessaire entre le monde académique et les décideurs publics. Il a rappelé le partenariat établi en 2025 entre J-PAL Afrique et le gouvernement béninois, qui prévoit la création d’un laboratoire de politiques publiques pour faciliter l’utilisation des résultats de recherche dans l’élaboration des stratégies nationales.
Représentant le ministre de l’Économie et des Finances chargé de la Coopération, Alastaire Alinsato a salué le choix porté sur le Bénin pour accueillir cette rencontre. Il a indiqué que les politiques de développement doivent désormais reposer sur des résultats mesurables et des évaluations objectives.
Selon lui, cette approche rejoint les réformes engagées par le gouvernement béninois, notamment à travers la loi-cadre sur la planification du développement et l’évaluation des politiques publiques ainsi que la Vision Bénin 2060 « Alafia, un monde de splendeur ».
À terme, les organisateurs souhaitent consolider un réseau africain réunissant chercheurs, praticiens et décideurs publics. Cette initiative vise à encourager des politiques publiques plus efficaces, adaptées aux réalités locales et davantage orientées vers l’amélioration des conditions de vie des populations.
