Afreximbank lance un fonds pouvant mobiliser jusqu’à 1 milliard de dollars pour le cinéma africain

La Banque Africaine d’Import-Export (Afreximbank) a franchi une nouvelle étape dans son soutien aux industries créatives du continent. À travers sa filiale d’investissement à impact, le Fonds pour le développement des exportations en Afrique (FEDA), elle a désigné One Street Studios comme co-associée générale du Fonds panafricain du cinéma et de l’audiovisuel.

L’annonce a été faite le 8 juillet 2026 au Caire, en Égypte. Créé en mai 2025 dans le cadre de l’initiative Creative Africa Nexus (CANEX), ce fonds ambitionne de mobiliser jusqu’à un milliard de dollars américains afin d’accélérer le développement de l’industrie audiovisuelle africaine et de renforcer la présence des productions du continent sur les marchés internationaux.

Le mécanisme financera l’ensemble de la chaîne de valeur du secteur. Les investissements concerneront aussi bien la production de films et de séries que les studios de tournage, les infrastructures de post-production, les plateformes de streaming et les réseaux de distribution. Les financements prendront la forme de prises de participation, de quasi-fonds propres ou encore de solutions financières adaptées aux besoins des entreprises créatives.

Le Fonds accordera une attention particulière aux projets présentant un fort potentiel d’exportation et capables de nouer des partenariats avec des studios, des distributeurs et des plateformes de diffusion internationales. Au-delà du financement, il vise à lever les principaux obstacles qui freinent encore l’essor du secteur audiovisuel africain, notamment le manque de capitaux et d’infrastructures.

Le partenariat entre le FEDA et One Street Studios associe les capacités financières d’Afreximbank à l’expertise d’un studio actif sur toute la chaîne de production, du développement des projets à leur diffusion. L’entreprise met également l’accent sur le rapprochement entre la diaspora africaine et le continent afin de promouvoir des récits africains auprès d’un public mondial.

Pour le président d’Afreximbank, George Elombi, cette collaboration constitue une étape stratégique. « Ce partenariat crée un pont entre la diaspora et l’Afrique tout en permettant à notre économie créative de s’approprier pleinement ses récits. Il nous donne les moyens de produire ce que nous consommons et de consommer ce que nous produisons », a-t-il déclaré.

La directrice générale du Fonds panafricain du cinéma et associée gérante de One Street Studios/JVL Media, Lavaille Lavette, estime que les industries créatives africaines entrent dans une nouvelle phase de développement. Selon elle, ce dispositif favorisera la mobilisation de financements de long terme, renforcera les capacités de production et ouvrira davantage les marchés internationaux aux œuvres africaines.

Le directeur général du FEDA, Emmanuel Assiak, souligne de son côté que les récits africains disposent d’un potentiel culturel et économique considérable. Il estime que ce fonds offrira aux créateurs du continent les ressources nécessaires pour produire des contenus de niveau international tout en facilitant leur accès aux investisseurs et aux circuits mondiaux de distribution.

À travers cette initiative, Afreximbank poursuit le déploiement de sa stratégie Creative Africa Nexus, qui fait des industries culturelles un levier de diversification économique, de création d’emplois et de rayonnement international. Avec des actifs et garanties évalués à près de 48,5 milliards de dollars à la fin de l’année 2025, la banque confirme ainsi sa volonté de placer la créativité africaine au cœur de la transformation économique du continent.

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