Une découverte scientifique rare inquiète les chercheurs en Amérique du Nord. Une étude récente a révélé l’existence d’un cancer de la peau transmissible chez des poissons-chats observés dans certaines régions du Canada et des États-Unis.
Les scientifiques ont identifié de mystérieuses taches noires et lésions cutanées chez ces poissons. Après analyses, ils ont conclu qu’il s’agissait d’un mélanome, une forme agressive de cancer de la peau, capable de se transmettre d’un poisson à un autre comme un parasite.
Selon les chercheurs, il s’agit seulement du quatrième cas connu de cancer transmissible dans la nature. C’est également la première fois qu’un phénomène similaire est observé chez un poisson ou une espèce vivant en eau douce.
Les premières observations ont été réalisées au lac Memphrémagog, situé entre le Québec, au Canada, et l’État du Vermont, aux États-Unis. Les chercheurs avaient constaté une augmentation du nombre de poissons présentant des marques sombres sur la peau.
L’hypothèse initiale évoquait une possible infection virale. Mais les analyses ont finalement révélé la présence d’un mélanome transmissible.
Julie Dragon, chercheuse à l’Université du Vermont et co-responsable de l’étude, explique que l’observation de ces cellules cancéreuses permet de mieux comprendre les mécanismes d’évolution du cancer et leur capacité à survivre en dehors de leur organisme d’origine.
Le rôle possible de l’arsenic
Les scientifiques cherchent encore à comprendre les causes exactes de cette maladie. Ils soupçonnent notamment un lien avec la présence naturelle d’arsenic dans les sols de la région.
Ils avancent également que la transmission pourrait être favorisée lorsque les poissons se regroupent dans des zones peu profondes au moment de la reproduction, ce qui faciliterait les contacts entre individus.
Malgré la gravité des lésions observées, certains poissons fortement touchés continuent de survivre pendant plusieurs années. Les conséquences à long terme de cette maladie sur les populations de poissons restent toutefois inconnues.
Dans le règne animal, les cancers transmissibles restent des phénomènes exceptionnels. Avant cette découverte, seuls quelques cas avaient été identifiés dans la nature.
Chez l’être humain, un cancer directement transmissible demeure extrêmement rare. Les rares situations documentées concernent notamment certaines transplantations d’organes ou de très exceptionnels cas de transmission entre la mère et le fœtus. En revanche, certains virus transmissibles, comme le papillomavirus humain (VPH), peuvent favoriser l’apparition de cancers.
Cette nouvelle découverte offre aux scientifiques une occasion unique d’étudier l’évolution des cellules cancéreuses et les mécanismes qui permettent à certaines tumeurs de se propager entre individus.
