Le secteur culturel béninois s’apprête à connaître une nouvelle étape dans sa gouvernance. Le ministère de la Culture, des Arts et du Patrimoine engage une réforme institutionnelle destinée à mieux répondre aux besoins des créateurs et à renforcer le poids économique des industries culturelles et créatives.
L’annonce a été faite par Jacques Agui Daho, directeur de cabinet du ministre, en marge d’un atelier national consacré à la mise en œuvre de la rémunération pour copie privée au Bénin. Selon lui, cette nouvelle organisation vise à apporter davantage de clarté dans l’accompagnement des acteurs du secteur.
Désormais, les questions liées à la création artistique et celles relatives au développement des industries culturelles seront séparées. Un département sera consacré aux arts et aux créateurs, tandis qu’une autre structure prendra en charge les industries culturelles et créatives.
Cette distinction doit permettre de mieux prendre en compte les réalités différentes qui existent au sein du monde culturel. D’un côté, les artistes et créateurs auront un accompagnement davantage orienté vers la production, la formation et la valorisation de leurs œuvres. De l’autre, les acteurs des industries culturelles bénéficieront d’un cadre plus adapté aux enjeux économiques, notamment la structuration des filières, la professionnalisation et la création de revenus.
Pour le gouvernement, cette réforme répond à une ambition plus large : faire de la culture un véritable levier de développement économique. Elle intervient dans un contexte où le Bénin cherche à mieux valoriser son patrimoine, soutenir ses talents et renforcer la place des industries créatives dans l’économie nationale.
Cette réorganisation s’inscrit également dans la dynamique portée par le chef de l’État avec la préparation d’un Programme national d’excellence artistique. Ce dispositif doit contribuer à identifier, accompagner et promouvoir les talents béninois dans différentes disciplines artistiques.
À travers cette nouvelle architecture institutionnelle, les autorités souhaitent donc dépasser une approche uniquement culturelle pour intégrer davantage les dimensions économiques, professionnelles et internationales du secteur.
Le défi sera désormais de transformer cette réforme administrative en résultats concrets pour les artistes, notamment en matière de financement, de protection des œuvres, de formation et d’accès aux marchés. Une évolution qui pourrait permettre au secteur culturel béninois de prendre une place plus importante dans la stratégie de développement du pays.
