Le Sénégal s’apprête à vivre une révolution silencieuse dans la prise en charge de la drépanocytose, grâce à un partenariat prometteur avec la Louisiane. Cette initiative, portée par la pharmacienne Dreama Goldsmith dans le cadre du programme « The Return 2026 », ambitionne de renforcer l’offre de soins et d’améliorer durablement l’accompagnement des personnes touchées par cette maladie génétique.
Le partenariat prévoit un vaste partage d’expertise entre professionnels sénégalais et louisianais. Pharmaciens, infirmiers, enseignants-chercheurs et étudiants seront associés à des programmes d’échanges destinés à transmettre des connaissances médicales et des pratiques déjà développées aux États-Unis.
L’expérience de la Louisiane, où certaines structures de santé sont devenues des références dans l’utilisation de traitements innovants contre la drépanocytose, servira de modèle pour améliorer l’organisation des soins au Sénégal.
Des cliniques de transition pour les jeunes patients
L’une des principales innovations annoncées concerne la création de « cliniques de transition » destinées aux jeunes drépanocytaires âgés de 16 à 25 ans. Cette tranche d’âge est considérée comme particulièrement sensible en raison des risques de complications et des difficultés liées au passage entre les services pédiatriques et les structures de soins pour adultes.
Ces centres devraient permettre un suivi médical plus régulier, une meilleure disponibilité des traitements et une continuité des soins pour éviter les ruptures de prise en charge souvent rencontrées par les patients.
Un programme prévu sur cinq ans
Le projet s’étendra sur une période de cinq ans. Dans un premier temps, il reposera sur le renforcement des collaborations institutionnelles et la mise en place de formations spécialisées. Les échanges universitaires et professionnels seront ensuite élargis afin de développer les compétences locales.
L’approche retenue ne se limite pas aux médecins. Elle associe également les pharmaciens, les infirmiers et les personnels administratifs, avec l’objectif de construire un système de prise en charge durable.
À terme, les autorités sanitaires sénégalaises espèrent faire de cette coopération un levier pour positionner le pays comme une référence régionale dans la lutte contre la drépanocytose.
Cette maladie, qui touche des millions de personnes dans le monde, reste encore insuffisamment prise en charge dans plusieurs pays africains malgré son impact important sur la santé des populations.
