Au Cameroun, l’Organisation syndicale des travailleurs de la santé (OST-Santé) a lancé, mardi 11 août, un mouvement de grève dans plusieurs structures sanitaires du pays. Mais la mobilisation n’a pas paralysé les grands hôpitaux de Yaoundé et Douala. En revanche, elle a été plus visible dans les établissements de santé de l’arrière-pays.
Dans les métropoles, les consultations et les activités médicales ont poursuivi leur cours normalement. La situation rapportée dans certains districts sanitaires et centres de santé intégrés diffère toutefois. Des agents ont participé à une « grève des cartons » : ils ont affiché des messages pour dénoncer leurs conditions de travail et leur situation administrative.
Au Centre médico-d’arrondissement de Minkoameyos, un agent affirme travailler sans salaire depuis 2018. À Bangangté, des membres du personnel dénoncent plusieurs années d’impayés, avec des situations qui remontent à 2016 et 2020. Des messages similaires ont été affichés au Centre de santé intégré de Midré, où des agents attendent leur régularisation depuis 2019. À Ngay Lara, des soignants ont aussi interpellé leur hiérarchie.
Une colère qui couve depuis des années
Pour l’OST-Santé, cette mobilisation est l’aboutissement de plusieurs années de frustration. Le syndicat dénonce la précarité persistante de nombreux personnels temporaires et réclame leur titularisation. Il conteste également la disparition présumée de certains noms des listes de contractualisation. Des agents, pourtant en poste depuis plusieurs années, ont été écartés, selon le syndicat.
L’OST-Santé demande aussi la régularisation des agents décisionnaires, le paiement des rappels de salaire et des prestations familiales, ainsi que la fin des sanctions et intimidations qu’elle juge arbitraires.
La contestation arrive dans un contexte particulier. Le 31 décembre 2024, le président Paul Biya a annoncé le recrutement progressif de 9 940 personnels de santé sur cinq ans. Cette annonce a suscité de grands espoirs chez les professionnels et les étudiants du secteur.
Mais pour l’OST-Santé, la mise en œuvre de cette mesure est insuffisante. Le syndicat estime que l’écart entre les annonces politiques et leur application administrative attise la colère.
Un mouvement jusqu’au 14 août
La grève doit durer quatre jours, jusqu’au vendredi 14 août. L’OST-Santé assure qu’un service minimum sera maintenu pour ne pas compromettre la prise en charge des patients.
Mais le syndicat n’exclut pas une escalade. En l’absence de réponse à leurs revendications, ses responsables comptent saisir les services du Premier ministre à partir du 18 août. Une nouvelle étape dans le bras de fer entre les personnels de santé et les autorités camerounaises.
