Affaire de nomination ministérielle : Gilbert Dakè interpellé par la BEF, un agent de l’ANIP également arrêté

Au Bénin, la Brigade économique et financière (BEF) enquête sur une affaire présumée d’escroquerie en bande organisée liée à une promesse de nomination dans l’administration publique. Gilbert Dakè Abiakou Djokess Kpotokan II, président de la Fondation Œcuménique pour la Paix en Afrique (FOPA), et un agent de l’Agence nationale d’identification des personnes (ANIP) ont été interpellés à Cotonou. Plusieurs dizaines de millions de francs CFA seraient au cœur du dossier.

Gilbert Dakè Abiakou Djokess Kpotokan II a été arrêté mardi 1er septembre par des éléments de la BEF devant ses bureaux à Sikecodji, à Cotonou. Quelques heures auparavant, David Zotogo, agent de l’ANIP, avait également été interpellé dans son bureau. Les deux hommes sont soupçonnés d’être impliqués dans les faits dénoncés par une victime.

L’affaire aurait débuté plusieurs semaines avant les interpellations. Une plainte aurait été déposée entre la fin juillet et le début du mois d’août, après plusieurs démarches qui n’auraient pas abouti.

Au centre des accusations figure une promesse de nomination à un poste de responsabilité dans l’administration publique. La victime aurait été convaincue qu’elle pouvait accéder à une fonction importante, avec notamment la perspective d’intégrer le gouvernement.

Selon les éléments rapportés dans le dossier, David Zotogo aurait mis la victime en contact avec Gilbert Dakè Djokess Kpotokan II, qu’il connaissait depuis plusieurs années. Pour établir la crédibilité de ses relations, l’agent de l’ANIP aurait notamment évoqué sa proximité avec le fils d’un ancien président de la République, devenu président du Sénat, et présenté des photographies prises avec celui-ci.

Plusieurs dizaines de millions de francs CFA auraient ensuite été versés dans le cadre de cette opération présumée. En échange, la victime aurait reçu l’assurance d’obtenir une nomination à un poste de responsabilité, voire une fonction ministérielle.

La promesse aurait continué à lui être présentée comme imminente malgré les évolutions politiques de 2026. Avant la mise en place du premier gouvernement dirigé par Romuald Wadagni, la victime aurait encore été rassurée sur une éventuelle entrée dans l’équipe gouvernementale.

La formation du nouveau gouvernement n’a toutefois pas donné suite à cette promesse. Après plusieurs attentes et face à l’absence de nomination, la victime aurait entrepris des démarches afin de récupérer les sommes versées. La plainte déposée à la suite de ces démarches a conduit à l’ouverture de l’enquête de la BEF.

Les deux suspects sont actuellement entendus par les enquêteurs. D’autres personnes seraient également recherchées dans le cadre de la procédure. Certaines auraient quitté leur domicile et seraient en fuite.

À l’issue des investigations, les personnes retenues dans le dossier pourraient être présentées au procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET). La suite de la procédure dépendra toutefois des résultats de l’enquête.

À ce stade, les faits restent présumés et les personnes interpellées bénéficient de la présomption d’innocence. Seule une décision de justice définitive pourra établir leur éventuelle responsabilité pénale.

Président de la Fondation Œcuménique pour la Paix en Afrique, Gilbert Dakè Abiakou Djokess Kpotokan II est connu dans le milieu associatif béninois. La FOPA intervient notamment sur les questions de paix, de cohésion sociale et de dialogue interreligieux.

L’enquête devra désormais permettre de déterminer la nature exacte des promesses formulées, le montant des sommes versées, leur destination et le rôle joué par chacun des protagonistes.

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